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9 mai 2017

Le journaliste mexicain Martin Méndez Pineda toujours détenu à la frontière

Reporters sans frontières (RSF) condamne la décision prise, jeudi 4 mai, par le service d’immigration et des douanes américain (ICE) de refuser la remise en liberté conditionnelle de Martin Méndez Pineda, un journaliste mexicain maintenu en détention depuis trois mois à la frontière des Etats-Unis, après avoir demandé l'asile.

Martin Méndez Pineda a été arrêté après avoir déposé en toute légalité une demande d’asile politique pour trouver refuge aux Etats-Unis. Il avait pris la décision de fuir l’Etat du Guerrero, au Mexique, où il vivait sous la pression de menaces de mort, après avoir publié un article dans lequel il faisait état de cas de violences policières. Au lieu d’assurer sa sécurité, les Etats-Unis le retiennent prisonnier depuis le 5 février 2017.


L’avocat de Martin Méndez, Carlos Spector, a informé RSF que l’ICE a refusé pour la seconde fois de remettre le journaliste en liberté conditionnelle, prétextant que ses liens avec la population n’étaient pas assez solides. Pourtant, les faits prouvent le contraire : Martin Méndez a reçu un nombre exceptionnel de soutiens de la part de la population d’El Paso. Un prêtre local a notamment mis sa résidence à disposition du journaliste en prévision de sa libération. De nombreux représentants de la société civile et du monde des médias, ainsi que des organisations de défense de la liberté de la presse ont également exprimé leur vive inquiétude quant à la détention de Martin Méndez et se sont associées à sa demande de libération. Une pétition, lancée à l’initiative de RSF, a également été diffusée (signez ici).


Dans une lettre poignante, Martin Méndez a décrit l’horreur de son quotidien dans le centre de détention.


“J’ai été témoin de discriminations, de mauvais traitements et d’humiliations dès le moment où j’ai mis les pieds dans cet endroit. Ils m’ont transféré dans le centre de détention de West Texas Detention Facility, situé dans la ville de Sierra Blanca, au Texas. Depuis que je suis là, j’ai vécu les pires moments de ma vie. Les détenus ont surnommé cet endroit “le poulailler” car les baraques ressemblent à des étables à bestiaux ou à volaille. Plus de 100 individus y sont entassés alors que la capacité maximale est approximativement de 60 personnes. Les détenus sont exposés à toute sorte de maladies et n’ont pas accès aux soins médicaux adéquats. Le “poulailler” est petit, il y a des matelas en caoutchouc abîmés sur des lits superposés en métal, du plancher au sol. Dans les salles de bain, les murs sont couverts de moisissure verte et jaune. Des mauvaises herbes poussent partout et, la nuit, on a la visite de rats et serpents. Les gardiens affichent ouvertement du mépris pour les détenus et ne nous prennent pas en considération. Il y a très peu de nourriture mais ils nous disent que c’est suffisant pour survivre. Ici, on vit le martyre. Honnêtement, c’est l’enfer.”


RSF demande à l’ICE de libérer sans délai Martin Méndez Pineda, qui est retenu sans avoir été inculpé, depuis près de 90 jours.


Le Mexique se situe à la 147e place sur 180 au Classement mondial sur la liberté de la presse établi par RSF en 2017. Les Etats-Unis se situent eux à la 43e place. Le Mexique est désormais le pays occidental le plus meurtrier pour les journalistes.