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6 juillet 2020 - Mis à jour le 7 juillet 2020

Malaisie : un journaliste syrien menacé de mort par des militants pro-Assad

Reporters sans frontières (RSF) s’inquiète pour la sécurité d’un journaliste syrien exilé en Malaisie depuis 2016, menacé par des militants loyaux au pouvoir de Bachar al-Assad et qui risque d’être expulsé en raison de l’impossibilité de régulariser son séjour.

En s’exilant en Malaisie, après avoir été blessé dans un bombardement russe au cours d’un reportage, le journaliste indépendant syrien Sam Alebrahim, originaire de Deraa (sud du pays), ne s’attendait pas à craindre de nouveau pour sa sécurité, ni de ne plus oser sortir de chez lui.


En 2016, Sam Alebrahim obtient un premier visa qui lui permet de s’installer dans la capitale malaisienne Kuala Lumpur pour suivre des études de journalisme et continuer son travail là où il l’avait interrompu. Il s’implique particulièrement à écrire sur la bataille de la Ghouta orientale, qui fait rage jusqu’en 2018.


Une importante communauté syrienne réside également dans la capitale malaisienne, où les écrits de Sam Alebrahim ne passent pas inaperçus. Ils déplaisent notamment à la branche locale de l’Union nationale des étudiants syriens, une association proche du gouvernement syrien et dont les membres se comportent comme les “chabiha” en Syrie, ces groupes d’individus volontaires, fidèles au pouvoir de Bachar el-Assad, qui menacent et pourchassent les opposants. Le journaliste est attaqué dans la rue et est contraint de déménager à trois reprises. Jusqu’au jour où il reçoit une photo de sa porte d’entrée sur WhatsApp, accompagnée du message suivant : “Juste pour que tu saches qu’on est très très proches de toi, traître”.


Menacé, Sam Alebrahim est aussi confronté à la précarité de sa situation légale en Malaisie. Son visa comme son passeport syrien ont expiré depuis près d’un an. Pour renouveler son autorisation de séjour, il doit disposer d’un passeport à jour. Or l’ambassade de Syrie refuse de lui en délivrer un nouveau, du fait de ses activités journalistiques. Le journaliste vit désormais dans la crainte d’être agressé par ses détracteurs ou d’être arrêté puis expulsé du pays.


Nous sommes très préoccupés pour la sécurité de Sam Alebrahim, et sa situation aggravée par l’impossibilité de régulariser son séjour, déclare Sabrina Bennoui, responsable du bureau Moyen-Orient à Reporters sans frontières (RSF). C’est une double peine pour lui : s’exiler de son pays pour finalement se trouver de nouveau menacé. Son cas montre que les techniques d’intimidations qu’il subissait en Syrie dépassent les frontières. Il est urgent d'accélérer les procédures de demande d’asile faites par le journaliste et en attendant, il est du devoir des autorités malaisiennes de tout mettre en oeuvre pour le protéger.”  


La Syrie occupe la 174e place au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF.