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8 septembre 2009 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Lettre de Reporters sans frontières au Ministre de la Justice d'Ouzbékistan


Monsieur Ravshan Mukhitdinov, Ministre de la Justice de la République d’Ouzbékistan 5, Sayilgokh str., Tashkent 100047, OUZBEKISTAN Paris, le 7 septembre 2009 Monsieur le Ministre, Reporters sans frontières, organisation internationale de défense de la liberté de la presse, souhaite attirer votre attention sur le cas du journaliste Dilmurod Sayid. Comme vous le savez, son procès en appel doit se tenir le 8 septembre au tribunal criminel de la province de Samarkand. A cette occasion, nous vous demandons de garantir la tenue d'un procès équitable et transparent, afin que la toute lumière soit faite sur cette affaire. En particulier, nous espérons que le huis clos qui caractérisait le procès de juillet 2009 sera cette fois-ci levé, et que les droits de la défense seront respectés, conformément à la Constitution ouzbèke et au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ratifié par l'Ouzbékistan en 1995. Cette demande est d'autant plus cruciale que de nombreuses irrégularités ont été observées lors du premier procès, et que le droit de M. Sayid à choisir son défenseur est d'ores et déjà limité, dans la mesure où son avocat Rukhiddin Kamilov a été privé de sa licence professionnelle en mai. Il ne pourra donc pas intervenir officiellement en qualité d'avocat. Des preuves convaincantes devront être fournies à l'appui des accusations d'"extorsion", "chantage" et "falsification de documents" portées contre M. Sayid, ce qui n'a pas encore été fait. L’accusation n’a pas tenu compte du fait qu’un témoin, Marguba Juraeva, avait retiré sa déposition dès février, tout comme la plupart des autres témoins cités par la suite. Dans ces conditions, Reporters sans frontières partage la préoccupation des proches de M. Sayid et de son avocat quant à la persécution dont celui-ci fait l'objet en raison de ses activités professionnelles. Enfin, l’emprisonnement de M. Sayid n’a fait qu’aggraver son état de santé. Atteint de tuberculose, le journaliste ne pèse aujourd’hui plus que 40 kg. Outre la légèreté du dossier d’accusation, des raisons humanitaires plaident donc pour la remise en liberté de Dilmurod Sayid. Je vous remercie de votre réponse et je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération. Jean-François Julliard, Secrétaire général lire en Russe/читать на русском: