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19 mars 2020

Les plateformes face au Coronavirus : quand elles veulent, elles peuvent

Denis Charlet / AFP
Pour les rumeurs ou la désinformation sur le Coronavirus, les plateformes ont mis en place des mesures inédites contraires à leurs doctrines habituelles. Reporters sans frontières (RSF) les appelle à promouvoir la fiabilité de l’information quels que soient les sujets.

Face à une surabondance de rumeurs ou de désinformation sur l’épidémie de Covid-19 sur la planète, les plateformes se mobilisent pour promouvoir des sources d’informations fiables. Ce volontarisme inédit confirme leur capacité à mettre en place des réponses structurelles au chaos informationnel. Pour l’avenir, RSF les appelle à plus de transparence sur les mécanismes mis en place pour promouvoir la fiabilité de l’information et à s’engager pour que de tels mécanismes soient mis en oeuvre de manière générale. Les dispositifs devront éviter tout caractère discrétionnaire et être fondés sur des principes transparents.

 

Lors d’une crise sanitaire majeure où la situation évolue rapidement, l’accès à une information fiable est vital pour protéger les populations. Le journalisme libre et indépendant joue un rôle central, rappelle Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Les plateformes doivent être transparentes sur les règles qui régissent la promotion de l’information fiable, et proroger cette logique à l’avenir.

 

C’est dans ce but que RSF a développé la Journalism Trust Initiative (JTI), qui élabore des indicateurs de fiabilité et d’indépendance de l’information, pour favoriser le respect des méthodes et de l'éthique journalistiques. Ce standard pourra être utilisé par les plateformes comme “facteur intégrité” de leurs algorithmes. L’indexation algorithmique repose en effet sur de nombreux facteurs mais pas, à ce stade, sur la conformité des processus éditoriaux à certains principes de base.

 

Un rapport confidentiel du département d’Etat américain consulté par le Washington Post, révélait qu’entre le 20 janvier, date à laquelle la contagion d’homme à homme a officiellement été annoncée par les autorités chinoises, et le 10 février, deux millions de messages postés sur Twitter, soit 7 % du total des messages publiés, diffusaient des théories complotistes sur le coronavirus. Pour enrayer ce phénomène, Twitter met en avant des comptes vérifiés dans le domaine de la santé et propose aux utilisateurs un flux d’informations “fiables” sur le coronavirus. L’entreprise sélectionne des contenus postés par des organisations sanitaires, des membres du gouvernement et certains médias nationaux sans communiquer les règles de sélection.

 

Depuis le 30 janvier, avec l’aide des organisations sanitaires régionales et internationales dont l’OMS, Facebook supprime les informations mensongères et tendancieuses autour du coronavirus. L’entreprise modifie également son algorithme de recommandation pour en retirer les groupes et les pages liés aux coronavirus. Habituellement, elle limite la distribution des informations vérifiées par son son réseau de fact-checkers en les taguant comme tel et en proposant des sources d’informations alternatives.

 

Instagram et Google modifient leurs interfaces pour mettre en avant des informations vérifiées. YouTube diffuse des panneaux d’informations sur certaines vidéos et intensifie ses actions pour supprimer les fausses informations. Dans les recherches liées au coronavirus, Pinterest n’affiche que les informations publiées par l’OMS.