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4 décembre 2008 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Les bureaux de l'AFP à Athènes cibles d'un attentat à la bombe


Reporters sans frontières dénonce fermement l'attentat qui a visé, le 3 décembre 2008, les bureaux de l'Agence France-Presse (AFP) à Athènes, revendiqué par un groupuscule d'extrême gauche en signe de "solidarité avec les camarades français". "Tenir des journalistes, quelle que soit leur nationalité, pour prétendument complices d'une décision judiciaire qui leur est complètement étrangère est à la fois idiot et dangereux. Nous exprimons toute notre sympathie aux membres de l'AFP, ainsi qu'à leur proches", a déclaré Reporters sans frontières. Le 3 décembre 2008, aux alentours de 18 heures, un engin explosif, composé de quatre petites cartouches de gaz, a été mis à feu devant la porte du bureau de l'AFP à Athènes, au cinquième étage d'un immeuble du centre-ville. L'explosion a provoqué un début d'incendie, vite maîtrisé par les pompiers. Les deux journalistes présents à l'intérieur des bureaux ont pu être évacués sans dommages. L'enquête a été confiée à la brigade antiterroriste de la police grecque, dépêchée sur les lieux en début de soirée. Dans un appel téléphonique à un quotidien athénien, un inconnu a revendiqué l'attentat au nom du groupe "Conspiration des cellules de feu", "en signe de solidarité avec les camarades français". L'action pourrait être liée à l'inculpation en France de neuf membres d'un groupe soupçonné d'actions de dégradation des voies ferrées. "La porte blindée a entièrement brûlé. J'ai vu quatre bonbonnes. Ils les ont allumées juste devant la porte. Toute l'installation du bureau est en panne, les téléphones ne fonctionnent plus. L'ascenseur et les installations électriques de l'immeuble ont également été touchés. L'immeuble est très facile d'accès, n'importe qui peut entrer et venir au cinquième étage", a expliqué Eleni Coliopoulou, l'une des deux journalistes se trouvant dans les bureaux avant l'explosion. "On ne s'y attendait vraiment pas. On attend les résultats de l'enquête", a déclaré le directeur du bureau, Philippe Perdriau. Les mouvements anarchistes liés à l'extrême gauche se sont spécialisés dans les attentats perpétrés, avec de petites bonbonnes de gaz, contre des agences, banques ou représentations diplomatiques. Ils s'étaient déjà attaqués dans le passé à l'AFP, lors du refus de la libération d'un membre d'Action directe par la police française. Des activistes masqués étaient venus taguer les murs des bureaux de l'agence.