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12 avril 2018

L’Equateur et la Colombie doivent agir de toute urgence conjointement pour assurer la libération des journalistes

Plus de deux semaines après l’enlèvement de deux journalistes équatorien et de leur chauffeur et alors que des informations contradictoires et extrêmement inquiétantes circulent sur leur sort, Reporters sans frontières (RSF) et trois autres organisations de défense des journalistes exhortent l’Equateur et la Colombie à coordonner leurs efforts et faire preuve de plus de transparence .

L’information a été largement diffusée sur les réseaux sociaux et reprise par plusieurs médias locaux mais ni les autorités de la Colombie et ni celle de l’Equateur n’ont encore pu confirmer l’authenticité d’un document porteur d’une terrible nouvelle. Un communiqué signé par le groupe dissident des FARC « Frente Oliver Sinisterra FARC-EP » et daté du 11 avril 2018 affirme que journaliste Javier Ortega, le photographe Paúl Rivas du quotidien équatorien El Comercio, et leur chauffeur Efraín Segarra ont été abattus suite à une opération militaire.


Lors d’une conférence de presse commune qui s’est tenue le 11 avril à Bogota, Reporters sans frontières (RSF), la Fondation pour la Liberté de la Presse (FLIP) et Fundamedios et le Committee to Protect Journalists (CPJ) ont déclaré vouloir ensemble :


1. Exhorter le groupe dissident « Frente Oliver Sinisterra FARC-EP » à libérer immédiatement et inconditionnellement l’équipe du quotidien El Comercio ;


2. Réaffirmer leur engagement et solidarité auprès des familles des journalistes séquestrés ;


3. Dénoncer la gestion de l’information publique par les gouvernements colombien et équatorien dans cette affaire. Depuis 16 jours, les autorités équatoriennes assurent que les journalistes se trouvent en territoire colombien, tandis que les autorités colombiennes affirment que les journalistes se trouvent du côté équatorien de la frontière. Les gouvernements doivent cesser vouloir échapper à leur responsabilité en donnant des informations contradictoires au médias.


4. Demander au gouvernement colombien de fournir un rapport détaillé des opérations militaires contre les dissidences des FARC dans la région ces 16 derniers jours.


5. Demander à l'Équateur et à la Colombie de présenter, dans le cadre du Sommet des Amériques, toutes les actions mises en oeuvre pour la libération des journalistes séquestrés.


6. Rappeler à la Commission interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH) qu’il est urgent d’octroyer des mesures de protections aux journalistes de El Comercio, conformément à la sollicitation présentée par les organisations Fundamedios et la Fondation pour la liberté de la presse.


L’équipe d’El Comercio, l’un des plus importants quotidien d’Equateur, a été enlevée le 26 mars 2018 lors d’un reportage à Mataje, dans la province d’Esmeraldas. Cette zone, située à quelques kilomètres de la frontière colombienne, est le théâtre d’affrontements réguliers entre les narcotrafiquants et les autorités depuis janvier 2018.


L’Equateur et la Colombie sont respectivement classées 105e et 129e sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2017.