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22 mars 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Le roi de Wallis fait fermer un hebdomadaire


RSF dénonce la fermeture de l'hebdomadaire Te Fenua Fo'ou par la police coutumière du Roi de Wallis et demande que la loi de la République soit respectée.
Dans une lettre adressée à Alain Waquet, préfet et administrateur supérieur de Wallis-et-Futuna, Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé la fermeture de l'hebdomadaire Te Fenua Fo'ou par la police coutumière du Roi de Wallis. "Quelle que soit l'autorité coutumière reconnue au roi de Wallis, elle ne l'autorise pas à porter atteinte à la liberté de l'information. La fermeture arbitraire d'un journal est un acte grave en démocratie", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de RSF. "Nous vous demandons d'intervenir pour faire respecter la loi de la République et permettre à Te Fenua Fo'ou de paraître librement", a ajouté M. Ménard.  Selon les informations recueillies par RSF, l'hebdomadaire de Wallis, Te Fenua Fo'ou, n'a pas paru le 22 mars suite à des pressions de Tomasi Kulimoetoke, roi de Wallis ou "Lavelua". Le 21 mars, la police coutumière du roi a demandé à Michel Bodineau, directeur de l'hebdomadaire, de quitter ses fonctions et de fermer le journal, parce qu'il avait enfreint un ordre du roi en publiant un éditorial sur l'"affaire Make Pilioko". Make Pilioko, une élue territoriale condamnée en 1999 à un an de prison et cinq ans de privation de ses droits civils, civiques et familiaux, pour détournement de fonds publics, avait trouvé refuge au Palais royal. Après avoir recouvré ses droits, elle s'est présentée aux élections territoriales début mars 2002, sans être élue. "Le roi me reproche d'avoir parlé dans un éditorial de l'affaire Make Pilioko qu'il ne veut plus évoquer. "Je crois personnellement que la population a le droit de savoir certaines choses", a déclaré le directeur du journal. Devant son refus de quitter ses fonctions, la police du roi a confisqué un disque dur et un modem et fermé le journal. Michel Bodineau a porté plainte pour "vol" et "entrave à la liberté de la presse".