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12 octobre 2020 - Mis à jour le 13 octobre 2020

Le reporter bangladais Iliyas Hossain assassiné par la mafia locale

Vue d’une bande plastique jaune portant la mention "scène de crime", prise le 29 mars 2019 à Dacca. Le corps du journaliste Iliyas Hossain a été retrouvé dans la soirée le 11 octobre en banlieue de la capitale bangladaise (photo : Munir uz Zaman / AFP).
Le journaliste avait publié plusieurs articles sur la pègre de son district situé en banlieue de Dacca, lesquels ont permis l’arrestation de deux parrains. Reporters sans frontières (RSF) appelle le parquet à diligenter une enquête indépendante pour que son crime ne reste pas impuni.

Des passants ont découvert son corps, baignant dans une mare de sang, hier soir, dimanche 11 octobre, vers 20 h 15. Le journaliste Iliyas Hossain a été attaqué à l’arme blanche alors qu’il rentrait de son travail à Bandar, une ville du district de Narayanganj, dans la banlieue sud de la capitale, Dacca. Transféré à l’hôpital, il a été déclaré mort à 21 heures. 


Reporter au quotidien Dainik Bijoy, Iliyas Hossain avait publié plusieurs articles sur la pègre locale et ses activités de trafic de drogue, mais aussi de recel de raccordements au gaz de ville illégaux. Selon la famille du journaliste, c’est ce qui explique l’attaque qui l’a mené à la mort.

 

En effet, deux membres de cette mafia, les frères Minnat et Mishir Ali, viennent à peine d’être libérés sous caution. Ils avaient été arrêtés à la suite des enquêtes publiées par Iliyas Hossain.

 

Insécurité

 

“Nous appelons le parquet du district de Narayanganj à diligenter immédiatement une enquête pour que l’assasinat sauvage d’Iliyas Hossain ne reste pas impuni, déclare Daniel Bastard, responsable du bureau Asie-Pacifique de RSF. Compte tenu de la grande insécurité dans laquelle les reporters doivent travailler au Bangladesh, nous suggérons au gouvernement de la Première ministre Sheikh Hasina d'élaborer un mécanisme effectif de protection des journalistes.” 

 

Le 4 juillet, le reporter du Daily Samakal Shariful Alam Chowdhury a échappé de justesse à la mort après avoir été passé à tabac à coups de barres de fer par une dizaine d’individus. Il avait publié un article sur des allégations de corruption et de népotisme du maire de sa localité.

 

En janvier dernier, RSF dénonçait le sort réservé au journaliste  Shelu Akand, qui avait été laissé pour mort après avoir lui aussi été battu par plusieurs individus armés de barres de fer.

 

Depuis le début de l’année, RSF a dénombré au moins 16 journalistes ayant subi de graves violences au Bangladesh. 

 

Le pays se situe actuellement à la 150e place sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF.