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10 juin 2013 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Le réalisateur d’un documentaire sur un camp de travail pour femmes kidnappé par la police


Reporters sans frontières est indignée par l’arrestation par la police de Pékin, le 31 mai 2013, de Du Bin, ancien photographe du New York Times et réalisateur de documentaires. Il est l’auteur d’un récent film sur le camp de travail pour femmes de Masanjia (Liaoning), relatant les tortures infligées aux détenues. Diffusé à Hong Kong depuis le 1er mai, il demeure censuré en Chine.

“Les autorités chinoises doivent mettre fin à la détention illégale de Du Bin et donner des explications sur les raisons de son arrestation et de sa détention au secret. Le recours à des méthodes brutales et l’absence de justification solide de la part de la police nous fait penser qu’elles ont agit en représailles au travail de Du Bin sur les tortures, humiliations, et traitement inhumains et dégradants infligés aux prisonnières du camp de travail de Masanjia”, a déclaré Reporters sans frontières.

Le 1er mai 2013 a eu lieu la sortie de la première partie d’une série de documentaires, interdits en Chine, réalisés par l’ancien photographe du New York Times. Intitulé “Above the Ghosts’ Heads: The Women of Masanjia Labor Camp”, le documentaire traite des tortures infligées aux femmes détenues dans le camp de travail de Masanjia (Liaoning). Nombre d’entre elles sont membres du Falun Gong, une organisation spirituelle fortement réprimée par le Parti communiste chinois depuis une dizaine d’années.

Depuis la parution de son documentaire, Du Bin, qui poursuivait les montages d’interviews d’autres rescapées de Masanjia lorsqu’il a été arrêté, faisait l’objet d’une surveillance particulièrement accrue de la part des la police chinoise, qui opérait quotidiennement des filatures en civil.

Son arrestation s’est déroulée à l’approche du funeste 24ème anniversaire de la répression du massacre de Tian’anmen. Une commémoration marquée de plusieurs arrestations de net-citoyens : Gu Yinmin est placé depuis le 1er juin en “détention criminelle” pour avoir refusé de supprimer de son compte QQ une photo des évènements de 1989, tandis que Qiu Hua et Yang Ting Jian purgent actuellement une peine de détention administrative de quinze jours à Guangzhou pour avoir tenté d’organiser un événement commémoratif sur Internet.

Depuis l’intronisation de Xi Jinping à la présidence de la République populaire de Chine un durcissement de la répression envers les acteurs de l’information s’est clairement fait ressentir. Le 16 avril 2013, Sun Lin, journaliste du site d’informations basé à l’étranger Boxun, a subi quinze jours de détention administrative, par la suite commuée en détention criminelle, pour avoir diffusé des vidéo-reportages couvrant la mobilisation qui a fait suite à l’expulsion de la fille du dissident Zhang Lin de son école.

La Chine, qui fait partie des “Ennemis d’Internet”, se classe au 173ème rang sur 179 au classement mondial 2013 de la liberté de la presse établi par l’organisation.

Le pays est également mentionné au sein du Rapport spécial surveillance 2013, “Les Ennemis d’Internet” - Chine.

Photo : plsreadthetruth.wordpress.com