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9 juin 2010 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Le juge refuse la libération du journaliste


Reporters sans frontières regrette la décision du tribunal du district de Garadag, le 9 juin 2010, de refuser de libérer Eynulla Fatullayev. Le journaliste a, durant quelques jours, fait une grève de la faim afin d’être libéré. Il y avait mis fin en espérant avoir été entendu. Malheureusement, ce n’est pas le cas. S’il a eu la visite d’un représentant de la colonie pénitentiaire lui rapportant que le président de la République avait été informé de sa situation, l’affaire est au point mort. Lors de l’audience, l’avocat du journaliste a réitéré son exigence de voir son client libéré, mais le juge Ismayil Halilov s’est estimé incompétent pour prendre une telle décision. Reporters sans frontières s’étonne qu’un juge ne soit pas compétent pour libérer un détenu placé sous sa juridiction… Le tribunal a déclaré qu’il faudrait trois mois avant qu’une potentielle libération puisse avoir lieu, la procédure nécessaire étant lourde. -------------------------------------------------- 7.06.2010 : Grève de la faim Eynulla Fatullayev a mis un terme, le 6 juin 2010, à la grève de la faim qu’il avait entamée le 2 juin dernier. Le journaliste souhaitait interpeller le gouvernement sur son sort et appeler à sa libération. En fin de semaine, les médias avaient pris le relais de son combat, en exigeant que le président le libère. Les autorités restent sourdes à ces témoignages de soutien, et ne semblent pas vouloir répondre aux exigences de la Cour européenne des droits de l’homme, demandant la libération immédiate du journaliste. Reporters sans frontières réaffirme son soutien au journaliste et appelle une nouvelle fois à sa libération sans délai. ------------------------------------------ 4.06.2010 Reporters sans frontières tient à apporter son soutien à Eynulla Fatullayev, dans son combat pour sa libération. En se lançant dans une grève de la faim, le 2 juin 2010, le journaliste souhaite attirer l’attention et sensibiliser l’opinion sur son sort. Il appelle l’administration présidentielle, qui ne serait pas, selon lui, consciente de la situation dans laquelle il se trouve, à s’informer sur son cas. Il souhaite que ses collègues journalistes le rejoignent dans ce combat, afin qu’il soit enfin libéré. Le journaliste a été condamné, en 2008, à 8 ans et demi de prison pour avoir, selon les conclusions de la justice azerbaïdjanaise, "insulté l’honneur et la dignité de la nation azerbaïdjanaise", refusé de payer des taxes, et proféré des "menaces terroristes" dans un article d’analyse politique. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a exigé, dans un arrêt rendu le 22 avril dernier, sa libération immédiate. Selon la Cour, son arrestation et la peine de huit ans et demi de prison prononcée à son égard sont illégales. Depuis cette date, le journaliste, sur qui pèse également une accusation de détention illégale de drogue, est toujours en détention, et subit un second procès, sur cette charge. Le 29 décembre 2009, lors de la fouille de sa cellule à la colonie pénitentiaire n°12 où il purge sa peine, 0,22 gramme d'héroïne a été retrouvé dans les vêtements du journaliste. Eynulla Fatullayev a ainsi été inculpé en vertu de l'article 234.1 du code pénal et risque trois ans de détention supplémentaires. Reporters sans frontières tient à rappeler que les arrêts de la CEDH ont force obligatoire et doivent être exécutés, si aucun appel n’est formulé, ce qui semble être le cas dans cette affaire. L’organisation exige donc à nouveau la libération du journaliste et l’abandon des poursuites pour possession de drogue. Reconnu prisonnier politique par la communauté internationale, Eynulla Fatullayev est rédacteur en chef et fondateur des principaux journaux d’opposition, l’hebdomadaire Realny Azerbaijan et le quotidien Gundelik Azerbaïjan. Il avait été arrêté en 2007, puis condamné, en 2008. L'organisation a toujours réclamé sa libération et jugé sa détention illégale et politiquement fondée. Si l’organisation est solidaire du journaliste, elle regrette l’acte désespéré de grève de la faim dans lequel il vient de s’engager. Ce type d’action constitue une violence envers soi-même. Reporters s’inquiète de l’état de santé du journaliste, qui pourrait dans ces conditions, rapidement se dégrader. La prochaine audience de son procès est fixée au jeudi 9 juin. ---------------------------------------------- 13.04.2010 : Provocation - Audition préliminaire dans le procès d'Eynulla Fatullayev qui débutera le 26 avril Le 9 avril, dans le district de Garadag, s'est tenue une audience préliminaire dans le procès en appel du journaliste azerbaïdjanais Eynulla Fatullayev. Déjà condamné à huit ans de prison en 2007, le journaliste est accusé de possession illégale de stupéfiants. Le 29 décembre 2009, lors d'une fouille de sa cellule à la colonie pénitentiaire n°12, où il purge sa peine, 0,22 gramme d'héroïne a été retrouvé dans les vêtements du journaliste. Eynulla Fatullayev a été inculpé en vertu de l'article 234.1 du code pénal et risque trois ans de détention supplémentaires. Il nie avoir consommé ou possédé des stupéfiants. Reporters sans frontières voit dans cette accusation une tentative des autorités de maintenir le journaliste en détention. L'organisation souhaite que toute la lumière soit faite sur cette accusation et ses motivations. Elle appelle par ailleurs à la libération d'Eynulla Fatullayev, désormais seul journaliste azerbaïdjanais en prison. Cette audience préliminaire a été l'occasion pour le journaliste et ses avocats de faire entendre leurs revendications en vue du procès, fin avril. Le journaliste souhaite que le juge Halilov soit dessaisi de l'affaire. Ce juge est en effet le magistrat qui avait demandé son arrestation en 2007. Selon le journaliste, le fait que l'affaire soit instruite par l'homme à l'origine de la peine qu'il purge actuellement est constitutif d'une violation de son droit à un procès impartial. Les avocats du journaliste demandent que le procès soit filmé et que des photos ou enregistrements audio soient autorisés lors des audiences. Pour le moment, le juge n'a autorisé qu'un enregistrement de dix minutes. Eynulla Fatullayev récuse toutes les accusations qui sont portées à son encontre et clame son innocence. Il estime que les tests sanguins réalisés sont falsifiés, il exige donc que de nouvelles analyses soient pratiquées par un laboratoire indépendant. Le juge a en partie accédé à cette demande en faisant appel à Huseyn Huseynov, médecin et expert local, sur proposition des avocats d'Eynulla Fatullayev. Par ailleurs, le journaliste dénonce le fait d'avoir été placé à l'isolement à la suite de la fouille de sa cellule et d'avoir subi des pressions physiques. Eynulla Fatullayev, directeur de la publication de l'hebdomadaire Realny Azerbaijan et du quotidien Gundelik Azerbaijan, a été condamné à deux ans de prison au printemps 2007 pour avoir "insulté le peuple azerbaïdjanais", puis à huit ans et demi à l'automne de la même année, pour menace de terrorisme et évasion fiscale. Suite à ces condamnations, le journaliste, reconnu prisonnier politique par la communauté internationale, a porté plainte devant la Cour européenne des droits de l'homme. Il est fort probable que la Cour ne le reconnaisse pas coupable des faits retenus contre lui. Redoutant une telle décision, et de devoir le remettre en liberté, les autorités azerbaidjanaises semblent être à la recherche d'un autre moyen pour que le journaliste, critique à l'égard du pouvoir, demeure derrière les barreaux. Si la CEDH revenait sur les précédentes condamnations, mais qu'il était, le 26 avril prochain, convaincu de détention illégale de stupéfiants, le journaliste devrait encore purger trois ans de prison.