Actualités

13 octobre 2014 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Le journaliste Taing Try assassiné pour avoir enquêté sur un trafic de bois


Un journaliste cambodgien qui enquêtait sur un trafic de bois dans la province de Kratie (sud du pays), a été abattu, dimanche 12 octobre. Trois suspects ont été arrêtés.
Taing Try, journaliste pour divers journaux locaux, a été abattu d’une balle dimanche 12 octobre alors qu’il se trouvait dans sa voiture. Celle de l’assaillant a été retrouvée 200 mètres plus loin, alors qu’il tentait de s’enfuir. Avec cinq autres journalistes, Taing Try enquêtait sur l’abattage illégal d’arbres dans la province. Reporters sans frontières s’indigne de ce meurtre de sang-froid, dirigé à l’encontre d’un journaliste qui effectuait un travail d’investigation sensible. Les enquêtes sur la déforestation et le trafic de bois provenant des zones protégées avaient déjà coûté la vie à Hang Serei Oudom, journaliste environnementaliste, fin 2012. “Ce trafic lucratif est en partie entre les mains de trafiquants cambodgiens de haut rang. Leur statut ne doit en aucun cas les faire bénéficier d’une quelconque immunité. Nous espérons que dans le cas où ces trois suspects seraient effectivement liés à ce terrible meurtre, ils soient jugés comme tout un chacun, déclare Benjamin Ismaïl, responsable du bureau Asie-Pacifique de Reporters sans frontières. La police a en effet arrêté trois suspects : Ben Hieng, chef de la police à Mondolkiri, Khim Pheakdey, policier militaire et La Narong, soldat de la Royal Air Force du Cambodge. Les trois hommes, suspectés d’être également des trafiquants de bois, ont avoué avoir participé au meurtre de Taing Try. Lors d’une conférence de presse, la police a indiqué que la victime aurait menacé de les dénoncer à la justice. Les journalistes enquêtant sur ce trafic sont régulièrement la cible de menaces. Taing Try était membre du Khmer Journalists for Democracy Association, dans un pays où la liberté d’information est de plus en plus muselée. Le Cambodge occupe la 144e place sur 180 dans le Classement pour la liberté de la presse 2014 établi par Reporters sans frontières.