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7 juin 2018 - Mis à jour le 12 novembre 2018

Le journaliste philippin Dennis Denora sauvagement assassiné

La police de la ville de Panabo est arrivée sur les lieux du meurtre de Dennis Denora (gauche). La recrudescence des assassinats de journalistes suscite régulièrement une vive émotion populaire aux Philippines (photos: Octavio Valle/Facebook - Jay Directo/AFP).
Reporters sans frontières (RSF) appelle les autorités philippines à tout faire pour retrouver les auteurs du meurtre du journaliste Dennis Denora dans le sud du pays.

Deux balles tirées à bout portant en pleine tête. Le journaliste Dennis Denora, qui travaille notamment pour le journal Trends and Times, dans la province du Davao del Norte, a été abattu ce jeudi 7 juin en début d’après-midi par deux individus qui ont surgi en deux-roues, alors qu’il était assis sur le siège passager de sa voiture. Les assassins ont fui dans la foulée.


La police de la ville de Panabo, où le meurtre a été commis, n’a pas encore pu établir de mobile. Mais le modus operandi de l’assassinat et le profil du journaliste, décrit par ses collègues du Club de la presse du Davao del Norte comme un “éditorialiste réputé” et “connu pour ses commentaires courageux dans les journaux comme à la radio”, laisse craindre qu’il a été visé en raison de son travail.


“L’assassinat de Dennis Denora sonne comme un coup de tonnerre, déplore Daniel Bastard, responsable du bureau Asie-Pacifique de RSF. Nous appelons les autorités du Davao del Norte, ainsi que la ‘task force présidentielle sur la sécurité des média’, à diligenter une enquête sérieuse. Le gouvernement ne cesse de mettre en avant cette ‘task force’, créée en octobre 2016, pour attester de sa volonté de protéger les reporters. Or, il s’agit du sixième journaliste assassiné sous le mandat du président Rodrigo Duterte. Les autorités doivent prendre des mesures plus concrètes pour assurer la sécurité des reporters.”


Il y a à peine un mois, dans des conditions similaires, le journaliste Edmund Sestoso trouvait la mort dans sa voiture après avoir été visé par un assaillant à moto.


Les Philippines, considérées comme l’un des pays les plus dangereux pour les journalistes, ont perdu 6 places et se classent désormais à la 133e position sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2018.