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10 avril 2008 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Le journaliste Agil Khalil victime de pressions


Le journaliste Agil Khalil, agressé le 13 mars 2008, subit depuis des pressions et des intimidations de la part des enquêteurs. Le 3 avril, le journaliste a été convoqué par le procureur de la région de Kyurdamir. Le procureur et un enquêteur qui l'attendaient dans un bureau lui ont tordu le bras et ont confisqué son téléphone portable. Dans une interview au quotidien Azadlig, Agil Khalil a déclaré avoir subi des pressions morales et physiques. Les enquêteurs ont voulu lui faire reconnaître qu'il connaissait un certain Sergueï, auteur de l'agression.

“Nous condamnons sévèrement les méthodes employées par le procureur dans l'enquête sur l'agression d'Agil Khalil. Les autorités cherchent à discréditer le journaliste et à exclure la piste professionnelle. Nous demandons l'arrêt immédiat de ces pressions et une véritable enquête permettant d'identifier enfin les coupables de cette agression”, a déclaré Reporters sans frontières.

Le 4 avril, Agil Khalil a été convoqué au département d'enquête de la police de Bakou, où il a été isolé et agressé. Après des demandes insistantes, le journaliste a pu rencontrer son avocat. “Ils m'ont traité comme un criminel”, a déclaré Agil Khalil dans une interview à Azadlig.

Le journaliste a ajouté que tous les éléments de l'enquête étaient inventés et que les déclarations de Sergueï étaient contradictoires. En effet, il a affirmé avoir donné plusieurs coups de couteau à Agil Khalil, or la commission des experts n'a fait état que d'une seule incision. De plus, Sergueï a déclaré avoir appelé le journaliste sur ses deux numéros de portable, or ce dernier n'a qu'un seul téléphone. Tous ces éléments constituent, pour le journaliste et le rédacteur en chef d'Azadlig, les preuves d'un coup monté par les autorités.

Agil Khalil reste convaincu que son agression est liée à ses articles mettant en cause des responsables politiques locaux et que ces pressions visent à le faire taire.