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19 août 2019

Le directeur de la télévision publique limogé en Guinée-Bissau : RSF craint un renforcement de la censure

Le directeur de la Télévision nationale de Guinée-Bissau a été suspendu de ses fonctions le 18 août. Reporters sans frontières (RSF) craint un renforcement de la censure à quelques semaines de l’élection présidentielle.


 
 Le directeur de la Télévision nationale de Guinée-Bissau (TGB), Daniel Miguel de Barros, a été suspendu de ses fonctions, annonce un communiqué du secrétariat d’Etat à la Communication sociale rendu public le 18 août 2019. En attendant que cette mesure soit avalisée par le conseil des ministres, Zain Pereira de Jesus, un proche de l’ancien Premier ministre Domingos Simões Pereira, est temporairement nommé directeur. Tous les membres du conseil d’administration de la TGB sont également suspendus de leurs fonctions jusqu’à nouvel ordre.


« Ce limogeage sonne comme une façon de renforcer la censure des médias publics à un moment où elle est décriée par les journalistes de la TGB. Le pluralisme de l’information risque encore d’y perdre, déclare Assane Diagne, directeur du bureau Afrique de l’Ouest de RSF. Dans la perspective de l’élection présidentielle du 24 novembre, la télévision publique doit au contraire s’ouvrir à toutes les sensibilités politiques et refléter la diversité des opinions. »


D’après le secrétariat d’Etat à la Communication sociale, cette mesure a été prise en vue d’imprimer « une nouvelle dynamique » à la chaîne publique, mais aussi de restaurer l’ambiance de travail et de mettre fin à un climat social délétère, préjudiciable à la bonne marche de la TGB. « Un climat de manque de confiance s’est installé » au sein des instances dirigeantes de la chaîne, déplore le communiqué.

 

Les travailleurs de la TGB sont en conflit avec les autorités depuis plusieurs mois pour dénoncer les ingérences politiques dans le traitement de l’actualité. Les informations qui dérangent les autorités sont souvent censurées dans les organes de presse publics. Leurs instances dirigeantes subissent de fréquents changements. 


La Guinée-Bissau occupe la 89e place sur 180 du Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2019.