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10 juillet 2018

La libération de Liu Xia ne doit pas occulter le sort des autres défenseurs de la liberté de l’information détenus en Chine

Photo: Shenyang Municipal Information Office
Les autorités chinoises ont enfin libéré Liu Xia, veuve du prix Nobel de la paix et prix RSF Liu Xiaobo, mort l’an dernier en détention. Reporters sans frontières (RSF) appelle la communauté internationale à ne pas oublier que plus de 50 défenseurs de l’information sont encore détenus en Chine.

Les autorités chinoises ont enfin libéré ce mardi matin Liu Xia, 57 ans, veuve de Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix et prix RSF mort en détention le 13 juillet 2017. L’artiste était assignée à domicile chez elle à Pékin depuis l’attribution du prix Nobel en 2010 à son mari emprisonné. Selon des diplomates, Liu Xia a quitté Pékin à bord d’un avion à destination de Helsinki (Finlande), d'où elle devrait ensuite rejoindre l’Allemagne.


“Reporters sans frontières (RSF), qui s’est beaucoup engagé pour la libération de Liu Xia, ne peut que se réjouir de cette nouvelle, reconnaît Cédric Alviani, directeur du bureau Asie de l’Est de RSF. Cela ne doit pour autant pas occulter les souffrances que le pouvoir chinois lui a fait subir durant huit longues années de captivité, ni le fait que plus de 50 défenseurs de la liberté de l’information croupissent encore dans les geôles chinoises.”


En mai, dans un enregistrement téléphonique transmis aux médias par le dissident Liao Yiwu, qui vit à Berlin, l’artiste confiait son désespoir face au refus des autorités chinoises de la laisser partir pour l’Allemagne. Sa libération intervient alors que le Premier ministre chinois Li Keqiang est en visite en Allemagne où il a rencontré la chancelière allemande Angela Merkel.


L’association des amis de Liu Xiaobo et RSF dévoileront par ailleurs ce vendredi 13 juillet, à Taipei, une statue érigée en mémoire de Liu Xiaobo à l’occasion du premier anniversaire de sa mort.


La Chine reste l'une des plus grandes prisons du monde pour les journalistes, au 176e rang sur 180 dans le Classement mondial RSF de la liberté de la presse 2018.