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18 mai 2018 - Mis à jour le 22 mai 2018

La fondation Open Society quitte la Hongrie : RSF déplore une décision qui résulte des pressions du gouvernement hongrois

"Ne laissez pas Soros rire le dernier", affiches publiées dans le cadre d'une campagne anti-Soros financée par le gouvernement hongrois, The Independent
Avec l’annonce en Hongrie d’un projet loi visant les ONG “accusées” de "soutenir l’immigration”, la fondation Open Society a décidé de fermer ses bureaux à Budapest. Reporters sans frontières (RSF) regrette cet exil forcé, qui portera préjudice aux médias indépendants du pays que soutient la fondation de George Soros.

La décision de fermer les bureaux de l’OSF (Fondation Open Society) à Budapest et de les transférer à Berlin, confirmée le 15 mai, avait déjà été évoquée comme une possibilité dès le 20 avril, à la suite de la réélection de Viktor Orban à la tête du pays. Elle est provoquée par la promesse électorale du leader de droite populiste d’imposer des contraintes légales dans le cadre d’une loi dite “Stop Soros”, selon laquelle la fondation Open Society pourrait être jugée comme un “risque sécuritaire national” et interdite dans le pays.


Créée par George Soros en 1979, la fondation Open Society finance notamment des programmes en faveur de la liberté d'information, de la santé ou de l'éducation. Elleest présente dans une centaine de pays et emploie en Hongrie près d'une centaine de personnes. En Hongrie où le monopole de l’information par le gouvernement est quasi complet depuis les élections du mois d'avril qui ont vu disparaître ce qu’il restait de presse d’opposition, George Soros consacre une partie de sa fortune à promouvoir la transparence démocratique avec des médias indépendants. Cette expatriation représente un sérieux revers pour ces publications qui désormais financées par des fonds étrangers devraient se déclarer comme des agents étrangers si la loi est votée.


Cela serait notamment le cas de sites internet tels que Magyar Narancs ou Direkt36. Ce dernier, un portail de journalisme d’investigation qui révèle régulièrement des affaires de corruption impliquant les proches du Premier ministre Orban, a déjà été l’objet d’attaques de médias pro-gouvernementaux. Plusieurs collaborateurs du site ont été traînés dans la boue notamment lors de la publication en avril dernier par l’hebdomadaire Figyelo d’une liste de “200 mercenaires de Soros” dont le but serait de “changer la Hongrie” par l’encouragement de l’immigration.


RSF s’inquiète de la décision de fermer les bureaux de l’Open Society Foundation à Budapest, conséquence des pressions continues du gouvernement hongrois sur l’organisation, rappelle Pauline Adès-Mével, responsable du bureau UE-Balkansde RSF. Dans un pays où le paysage médiatique est de plus en plus dominé par des proches du Premier ministre Viktor Orban, le soutien primordial qu’apporte l’OSF aux médias indépendants sera désormais fragilisé.”


En plus d’attaques récurrentes contre leur travail, les médias et autres organisations critiques du parti Fidesz au pouvoir font sans cesse l’objet d’attaques du Premier ministre Viktor Orban et de ses alliés. La Hongrie occupe la 73ème place sur 180 pays du classement de la liberté de la presse de Reporters sans Frontières, signe d’une situation des médias particulièrement inquiétante pour un pays membre de l’Union européenne.