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29 septembre 2017 - Mis à jour le 17 octobre 2017

La commission ougandaise de la communication ne doit pas menacer les médias de fermeture

Rixe entre Parlementaires à Kampala le 27 septembre, © REUTERS/James Akena
Reporters sans frontières (RSF) est extrêmement préoccupée par la décision de la Commission ougandaise de la communication d’interdire les émissions en direct à la télévision, à la radio ou par médias électroniques qui ne respecteraient pas certains standards. L’ONG demande la levée immédiate de cette mesure.

Dans un courrier daté du 26 septembre, la Commission ougandaise des communications informe tous les diffuseurs que les émission en direct qui “ne respectent pas les standards minimum de diffusion” sont interdites et pourront entraîner “la suspension des médias et la révocation de leur licence”.




Cette décision a été prise immédiatement après que plusieurs chaînes de télévision ont diffusé le 26 septembre une altercation physique entre des parlementaires pendant des débats législatifs. La session portait sur la question de l’abolition de la limite d’âge pour briguer la présidence ougandaise. Actuellement les candidats à l’élection présidentielle doivent avoir entre 35 et 75 years pour être éligibles. Certains opposants estiment que ce projet de loi servirait à permettre une nouvelle élection du président Yoweri Museweni actuellement agé de 73 ans.


“Ce type d’interdiction indiscriminée est un niveau de censure nouveau pour l’Ouganda, déclare Reporters sans frontières. La Commission se sert de l’altercation pour menacer les médias en appliquant des mesures arbitraires et restrictives. Nous demandons à la Commission d’annuler immédiatement cette décision et de permettre aux médias de refléter la vérité des événements de la société ougandaise librement.”


Cette réforme législative déclenche de vives réactions dans la société ougandaise que les autorités préfèrent ne pas voir rapportées. Mardi 26 septembre quatre journalistes ont été arrêtés par la police et ont passé une nuit en détention parce qu’ils couvraient des manifestations dans le district de Lira dans le Nord du pays. Il s’agit d’Isaac Otwii, correspondant du Daily Monitor, Robert Kalibongo reporter pour Radio Unity, Denis Engena, correspondant de la télévision privée Nile Broadcasting Services (NBS) television et le journaliste freelance Martin Ongom. Ils ont ensuite été libérés sans charges. Dans la journée de mercredi, plusieurs journalistes ont été malmenés par la police alors qu’ils couvraient la répression policière d’une manifestation de parlementaires.


L’Ouganda occupe la 112ème place sur 180 pays dans le Classement de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.