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28 mars 2019 - Mis à jour le 17 avril 2019

Kazakhstan : RSF dénonce les interpellations de journalistes lors de manifestations

Kassym-Jomart Tokaïev, Président du Kazakhstan par intérim
Svetlana Glushkova, correspondante de RFE/RL, a été interpellée et arrêtée par les autorités kazakhes alors qu’elle couvrait une manifestation dans la capitale. Reporters sans frontières (RSF) dénonce cette interpellation et appelle les autorités à cesser le harcèlement des journalistes qui couvrent des mouvements sociaux.

La journaliste de Nastoyashee vremya, chaîne de télévision sur internet, Svetlana Glushkova a été interpellée deux fois par les autorités kazakhes dans la même journée, le 22 mars dernier. En marge des traditionnelles célébrations de Norouz, le nouvel an persan, un rassemblement a eu lieu dans la capitale kazakhe, contre le changement de nom de la ville, survenue deux jours auparavant. En effet, la ville a été renommée Nour-soultan en l’honneur de l’ancien président kazakh, Noursoultan Nazarbaïev.


Des individus non-identifiés ont tenté d'empêcher d’autres correspondants de Radio Free Europe / Radio Liberty de couvrir et de filmer l’arrestation de leur collègue. Les journalistes de Radio Azattyk, version kazakhe de RFE/RL ont également signalé qu’ils avaient été bousculés et que des individus ont tenté de perturber leur travail pendant le rassemblement lors duquel de nombreuses arrestations d’activistes ont eu lieu.


“L’arrestation de Svetlana Glushkova est inacceptable”, dénonce le bureau Europe de l’Est et Asie centrale de RSF. “Nous exhortons les autorités kazakhes à ne pas entraver le travail des journalistes qui couvrent des mouvements sociaux. La mise en œuvre des conditions de travail appropriées à l'exercice de la profession de journaliste doit être une des priorités du nouveau gouvernement kazakh.”


Une pratique répressive courante


Par ailleurs, une autre journaliste de Radio Azattyk, Sanya Toiken, a quant à elle passé la nuit du 11 au 12 mars au poste de police de Janaozen, dans l’Ouest du pays, où elle réalisait un reportage sur les revendications sociales des habitants de la ville. Dès sa libération, elle a été informée qu’elle était condamnée par le tribunal administratif de Janaozen à payer une amende de 120 euros pour “désobéissance” aux ordres de la police.  


C’est la troisième fois que la journaliste est arrêtée en l’espace de quelques mois. Le 26 février dernier elle a été interpellée avec son vidéaste, Sanat Nurbek, dès leur arrivée à Janaozen.


Après trente ans de règne, le “Leader de la Nation” Noursoultan Nazarbaïev a démissionné de ses fonctions de Président pour placer ses proches aux postes clés de l’État. La situation de la liberté de la presse est d’autant plus inquiétante que les arrestations de journalistes ne cessent d’augmenter. Les principaux médias d’opposition nationaux ont tous été interdits en 2012 et l’internet est étroitement contrôlés. Le Kazakhstan occupe la 158e place dans le Classement mondial 2018 de la liberté de la presse, établi par RSF.