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27 juin 2017

Journée du Journaliste au Venezuela sous le signe de la répression et de la censure

Un journaliste est assisté pendant une manifestation contre le gouvernement du président Nicolas Maduro, le 10 avril 2017. FEDERICO PARRA / AFP
A l’occasion de la journée du journaliste au Vénézuela ce mardi 27 juin, Reporters sans Frontières (RSF) dénonce l’intensification des violences contre la presse dans un contexte politique extrêmement tendu.

Le Venezuela célèbre ce mardi 27 juin 2017 la Journée du journaliste (Día del periodista) mais il n’y a pourtant pas grand chose à fêter, tant les conditions de travail des journalistes vénézuéliens se sont dramatiquement détériorées depuis le début de l’année.


Les chiffres donnent le tournis. Le Syndicat national des travailleurs de la presse (SNTP) a recensé 376 cas d'agressions et 33 détentions arbitraires ciblant des journalistes, entre le 31 mars et le 24 juin 2017. Les agents des forces de l'ordre sont responsables de 170 de ces cas d'agressions, dont 60.5 % sont commises par la Garde nationale bolivarienne (GNB).


La photographe de AP Ariana Cubillos est attaquée par un canon à eau pendant une manifestation à Caracas, le 22 mai 2017. LUIS ROBAYO / AFP

La photographe Ariana Cubillos (AP) est attaquée par un canon à eau pendant une manifestation à Caracas, le 22 mai 2017. LUIS ROBAYO / AFP


Les journalistes ne sont évidemment pas les seules victimes de cette répression violente. Depuis le 1er janvier 2017, plus de 75 vénézuéliens sont morts dans les manifestations, et 2000 ont été blessés. La mort du jeune militant David Vallenilla, ce 22 juin, a particulièrement choqué le pays. Près de 3000 manifestants ont par ailleurs été arrêtés, dont plus de 1000 sont toujours en détention*.


“En ce jour particulier, Reporters sans Frontières salue le courage des journalistes vénézuéliens qui, dans l’adversité et dans des conditions de sécurité déplorables, continuent de faire leur travail d’information”, déclare Emmanuel Colombié, directeur du bureau Amérique latine de l’organisation. “La liberté de la presse et la liberté d’expression sont en grand danger au Venezuela. L’administration Maduro doit cesser d’entraver et de censurer systématiquement la presse de son pays et, dans le cadre des protestations, garantir la sécurité des manifestants et des journalistes”.


La Conatel (Commission nationale des télécommunications), dont le directeur a été remplacé le 21 juin dernier, continue par ailleurs de faire fermer les médias. Pour la seule année 2017, la Commission a réduit au silence plus de 41 radios et canaux de télévision dans les États gouvernés par le parti de Nicolas Maduro, selon l'ONG locale Instituto Prensa y Sociedad (IPYS).


Ces fermetures de médias, favorisées par la permanence de “l'État d’exception” prolongé par le gouvernement en mai 2017, sont opérées dans la plus grande opacité et sans justification.


La dernière télévision censurée est le canal de l’Université des Andes, ULA TV, dont le signal a été coupé le jeudi 15 juin après une inspection de la Conatel, qui a également confisqué le matériel journalistique de la rédaction.


Le Venezuela est classé 137e sur 180 pays au Classement sur la liberté de la presse établi par RSF en 2017.


*Sources: Ministère Public, SNTP, Espacio Público, Foro Penal