Actualités

23 septembre 2020

Intervention de RSF sur les violations des droits des journalistes en Syrie au Conseil des droits de l'Homme

A l’occasion d’un débat au Conseil des droits de l’Homme en présence de la Commission d’enquête sur la Syrie, Reporters sans frontières (RSF) a condamné les nombreuses exactions commises contre les journalistes syriens, a dénoncé la surveillance de l’information par le gouvernement et a appelé à la protection des journalistes syriens et à la lutte contre l’impunité.

RSF reproduit ci-dessous l’intervention orale de sa responsable du plaidoyer, Isabel Amossé, qui a participé mercredi 23 septembre au dialogue interactif organisé par le Conseil des droits de l’Homme (CDH) sur la Syrie :


“Madame la Présidente, 


Reporters sans frontières salue le travail de la Commission d’enquête sur la Syrie.  


Le pays occupe la 174e place sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF, ce qui met en évidence l’absence totale d’amélioration, malgré la diminution des affrontements.


Les opérations militaires dans les zones de combat continuent d’exposer les reporters de terrain à de graves dangers, y compris la mort. Selon le Syrian Center for Media (SCM), 10 journalistes sont morts en 2019 et 2 depuis le début de 2020 en raison des bombardements à Idlib. 


Les journalistes des zones contrôlées par le gouvernement ne sont pas non plus épargnés par les violations des droits de l'Homme. L’information y est étroitement surveillée, et aborder la corruption ou la crise économique expose les journalistes, même considérés proches du gouvernement, aux représailles. En 2020, les voix critiques sont toujours détenues arbitrairement, telle la journaliste Nada Mashraki, emprisonnée de mai à juin pour “diffusion de fausses nouvelles” après une publication sur la corruption dans les instances judiciaires.


Même à l’étranger, les journalistes syriens sont harcelés par des militants pro-gouvernementaux ; comme en Malaisie, où le journaliste indépendant Sam Alebrahim, a été attaqué dans la rue par la branche locale de l'Union nationale des étudiants syriens.


RSF souligne également l’absence totale d’information sur le sort de l’immense majorité des journalistes emprisonnés pendant les premières années de la guerre.


RSF appelle les États membres et les procédures spéciales des Nations Unies à prendre d'urgence des mesures pour protéger les journalistes syriens et à veiller à ce que les attaques contre eux ne restent pas impunies.


Je vous remercie.”