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13 janvier 2017

Hongrie : Victoire posthume et symbolique pour les journalistes de Nepszabadsag

Les journalistes de Nepszabadsag manifestent devant le Parlement hongrois / AFP
Reporters sans frontières (RSF) salue la décision des juges hongrois qui ont qualifié d“illégale” la fermeture brutale le 8 octobre 2016 du quotidien Nepszabadsag. Le propriétaire et la direction du journal auraient dû consulter le comité d’entreprise pour tenter de préserver la publication et éviter de mettre en chômage technique tous ses salariés.

Le 9 octobre 2016, les journalistes de Nepszabadsag -un quotidien de référence fondé il y a 60 ans lors du soulèvement contre le joug soviétique- ont été empêchés d’entrer dans les locaux de leur journal pour préparer l’édition du lendemain. Le propriétaire du journal, le groupe hongrois Mediaworks, avait décidé en l’espace de quelques heures et sans annonce préalable, de suspendre la publication au motif que ses revenus étaient en chute libre.


La suspension du journal avait créé l'émoi dans le pays et conduit des milliers de Hongrois dans la rue pour manifester leur soutien à la liberté de la presse.

Quelques semaines plus tard, le propriétaire autrichien de Mediaworks revendait pourtant Nepszabdasag à Opimus Press, un groupe de presse détenu par un proche du Premier ministre hongrois Viktor Orban.


C’est précisément cette fermeture et ces licenciements déguisés qui ont conduit les juges hongrois à condamner Mediaworks au motif que l’employeur n’avait pas respecté le cadre et les délais prévus dans une procédure de licenciement.


“C'est une victoire morale pour la rédaction de Nepszapadsag, même si malheureusement le verdict n'a aucune conséquence pénale ou financière sur le propriétaire du journal déclare Pauline Adès-Mével, responsable du bureau Union européenne-Balkans de Reporters sans frontières. Avec cette décision, le juge indique clairement que si les procédures avaient été respectées, le journal n'aurait pas été contraint de mettre la clé sous la porte et ses 90 salariés au chômage”.


En recul démocratique constant depuis l’accession au pouvoir du Fidesz, en 2010, la Hongrie est classée 67e sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse 2016. Le pays accuse une chute de 48 places en seulement cinq ans.