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4 août 2017 - Mis à jour le 7 août 2017

Hongrie: Les proches de Viktor Orbán s’accaparent la presse régionale

ATTILA KISBENEDEK / AFP
Moins d’un an après la fermeture brutale du quotidien indépendant Népszabadság, l’intégralité des quotidiens régionaux hongrois est à présent aux mains de proches du parti au pouvoir, le Fidesz. Deux fidèles du Premier ministre hongrois Viktor Orbán viennent de racheter les cinq derniers quotidiens régionaux jusque là encore indépendants vis-à-vis du gouvernement. Reporters sans frontières (RSF)  dénonce une nouvelle atteinte au pluralisme, dans un pays où le pouvoir ne cesse d’étendre sa mainmise sur les médias.

Après la fermeture du quotidien Népszabadság en octobre 2016 et le rachat de treize journaux de proximité par un camarade d'école du Premier ministre en décembre, le tableau de chasse de Viktor Orbán compte de nouvelles victimes. Deux proches du gouvernement ont en effet mis la main fin juillet sur les cinq derniers quotidiens régionaux encore indépendants dans le pays.


En moins d’un an, le Fidesz a étendu son emprise sur l’ensemble de la presse régionale., déclare Reporters sans frontières. C’est la mort annoncée de l’indépendance des médias hongrois.”


Un trio proche de Viktor Orban à la manoeuvre


Andy Vajna, ancien producteur hollywoodien et proche du Premier ministre hongrois Viktor Orbán, a entamé fin juillet le rachat du groupe de presse Lapcom, éditeur des journaux Kisaföld et Délmagyarország. La confiscation de la presse régionale par les oligarques fidèles au Fidesz ne s’arrête pas là, puisque la société de presse autrichienne Russmedia a annoncé le 31 juillet la vente des journaux de proximité hongrois Hajdú-Bihari Napló, Észak-Magyarország et Kelet-Magyarország.


Leur nouvel acquéreur, Heinrich Pecina, n’est autre que l’ancien propriétaire de Népszabadság. Il avait d’ailleurs été tenu, il y a un an, pour responsable de la fermeture brutale de ce quotidien. En décembre 2016, c’est également lui qui avait permis le rachat de Mediaworks, société éditrice des treize autres quotidiens régionaux, par le camarade d'école de Viktor Orbán, Lőrinc Mészáros.


Les manoeuvres du trio Pecina -Vajna- Mészáros, qui s’est accaparé les 18 quotidiens régionaux que compte la presse hongroise, illustrent jusqu’à la caricature la concentration des médias en Hongrie. RSF dénonce fermement cette nouvelle transaction qui met à mort le pluralisme médiatique dans le pays, cible de l'exécutif depuis plusieurs mois.


Une concentration des médias qui survient à la veille d’élections


“Ces nouvelles acquisitions par des proches du parti confirment une nouvelle fois les velléités de contrôle sur les médias du gouvernement. Ce nouveau coup porté à l’indépendance de la presse régionale est d’autant plus inquiétant que de nouvelles élections législatives approchent”, dénonce RSF. En avril prochain, les Hongrois se rendront aux urnes pour élire leurs députés. La maîtrise de ces médias de proximité permet donc au Fidesz d’accroître son influence auprès des 4,5 millions d’électeurs appelés à voter. Viktor Orbán n’a d’ailleurs pas caché depuis 2010 sa volonté d’étendre le contrôle de l’Etat sur des secteurs stratégiques et notamment celui de la presse.


Depuis le retour au pouvoir de Viktor Orbán fin 2010, la Hongrie accuse un recul démocratique. Le pays est classé 71e sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse 2017.