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20 janvier 2020

Grèce : un journaliste allemand agressé par des militants d’extrême droite durant une manifestation anti-migrants

Thomas Jacobi, 19.01.2020 / AFP
Un groupe de militants d’extrême droite a attaqué hier après-midi le journaliste allemand, Thomas Jacobi, alors qu’il qui couvrait une manifestation anti-migrants sur la place Syntagma dans le centre d'Athènes. Reporters sans Frontières (RSF) demande aux autorités de prendre les mesures nécessaires pour assurer la protection des journalistes et dissuader les mouvements extrémistes de les agresser.

Dimanche après-midi, alors qu’une manifestation contre la présence des migrants en Grèce avait lieu dans le centre d’Athènes, Thomas Jacobi, journaliste pour la radio allemande Deutsche Welle et correspondant français pour le quotidien La Croix, a été agressé par des militants d’extrême droite. Ces-derniers l’ont frappé au visage pendant plusieurs minutes  avant de s’emparer de ses téléphones. Thomas Jacobi a finalement réussi à s’échapper, avec l’aide de journalistes grecs qui étaient également sur place.  

 

Le porte-parole du gouvernement grec, Stelios Petsas a immédiatement condamné cette “attaque fasciste” et indiqué qu’une enquête avait été ouverte. De son côté, le journaliste a exprimé son intention de porter plainte. Plusieurs associations, notamment l’Association de la presse étrangère de Grèce (FPA) et l’Association des rédacteurs en chef des quotidiens d’Athènes (ESIEA) ont également condamné cette agression, dénonçant "une fois de plus les brimades, la brutalité et les comportement provocateurs, ainsi que le ciblage continu des journalistes, par les groupes d’extrême droite."

 

Les attaques commises par des militants d’extrême droite contre la presse sont trop souvent passées sous silence déclare Pauline Adès-Mével, rédactrice-en-chef de RSF. Nous appelons donc les autorités à prendre des mesures immédiates pour assurer la protection des journalistes dans l’exercice de leur travail et à lutter efficacement contre l’impunité des agresseurs. Cela implique que les militants d’extrême droite qui se livrent régulièrement à des violences contre les journalistes soient traduits en justice."

 

Il y a un an jour pour jour, Thomas Jacobi avait été attaqué par des membres du groupe néo-nazi Aube dorée à Athènes, alors qu’il couvrait une manifestation de protestation devant le Parlement contre le nouveau nom de la Macédoine du Nord. Cette agression faisait suite au documentaire auquel il a participé en 2016, intitulé “Aube dorée : une affaire personnelle” réalisé par la journaliste Angélique Kourounis.

 

Reporters sans frontières a déjà tiré la sonnette d’alarme en dénonçant la multiplication des violences commises par des membres du parti Aube Dorée contre des journalistes, en particulier ceux qui couvrent les questions migratoires. RSF s’est notamment alarmée du manque de condamnations officielles contre les auteurs de telles attaques, dans un pays qui occupe aujourd’hui la 65e place du Classement mondial de la liberté de la presse de RSF.