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29 juillet 2015 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Face à l’état de santé préoccupant de Gao Yu, RSF demande aux démocraties européennes de convoquer les ambassadeurs chinois


L’ancienne correspondante de la Deutsche Welle, Gao Yu, emprisonnée depuis le 8 mai 2014, a besoin d’une aide médicale d’urgence, selon des informations recueillies par Reporters sans frontières (RSF). Face aux pressions quotidiennes qu’exerce Pékin sur la journaliste chinoise, l’organisation demande aux démocraties européennes de convoquer les ambassadeurs chinois de leur pays.
Depuis plusieurs jours, des informations inquiétantes circulent sur la Toile concernant la santé de Gao Yu. Malgré la détérioration flagrante de l’état de santé de la journaliste, les autorités chinoises continuent de lui infliger des interrogatoires quasi-quotidiens afin de la pousser à confesser “ses crimes” et à congédier ses avocats. Gao Yu est actuellement défendue par les célèbres avocats des droits de l’homme Mo Shaoping et Shang Baojun. Face au silence que le régime oppose à la société civile sur le cas de Gao Yu et sur bien d’autres, RSF demande aux ministres européens des Affaires étrangères de convoquer les ambassadeurs de Chine de leurs pays respectifs. "Face à l’urgence de la situation, une réponse immédiate, forte et concrète est nécessaire. Nous demandons aux pays de l’Union européenne de transmettre à Pékin leurs exigences de démocraties européennes en matière de respect des droits de l’homme et d’exiger sans délai un traitement médical pour Gao Yu, déclare Benjamin Ismaïl, responsable du bureau Asie-Pacifique de Reporters sans frontières. Se prévalant d’être la “Patrie des droits de l’homme”, la France doit montrer l’exemple et convoquer, par l’intermédiaire de son ministre des Affaires étrangères français Laurent Fabius, l’ambassadeur Zhai Jun." D’après les informations obtenues par Reporters sans frontières le 28 juillet dernier, la journaliste chinoise Gao Yu serait atteinte d’adénopathie, terme médical désignant une augmentation anormale du volume du ganglion lymphatique, qui pourrait être le signe d’une tumeur cancéreuse. Le médecin de l'hôpital où Gao Yu aurait été emmenée au cours des dix derniers jours, s’est montré pessimiste sur son état de santé mais n’a pas eu la possibilité de conduire un examen approfondi permettant de déterminer la cause exacte du gonflement, situé au niveau du cou. Il aurait en revanche diagnostiqué un risque d’accident vasculaire. Les antécédents cardiaques de la journaliste inquiètent ses proches et ses soutiens depuis plusieurs semaines. "A la lumière de ces nouvelles extrêmement préoccupantes, nous exigeons que les autorités chinoises transfèrent immédiatement Gao Yu dans un hôpital afin qu’elle puisse bénéficier de soins appropriés, déclare Virginie Dangles, rédactrice en chef de RSF. Maintenir la journaliste dans ces conditions d’incarcération, sans véritable suivi médical, tout en lui extorquant des aveux, pourrait constituer un acte de torture imputable aux plus hautes autorités de l’Etat chinois mais aussi au directeur du centre de détention de Pékin N°1 et au chef de la sécurité publique de Pékin". En juin dernier, un article du South China Morning Post avait déjà révélé les inquiétudes du frère de Gao Yu, Gao Wei sur l’état de santé de sa soeur. Gao Wei avait affirmé qu’elle souffrait de douleurs cardiaques, et qu’elle n’avait eu accès qu’à la médecine chinoise lorsqu'elle se trouvait en détention policière, avant le verdict de son appel. Il avait également informé des allergies chroniques de la peau dont elle était victime. Gao Yu souffre d'antécédents cardiaques depuis son arrestation en 1989 lors de la répression des manifestations sur la place Tian’anmen. La Chine se situe à la 176e place sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2015 établi par Reporters sans frontières.