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14 septembre 2018 - Mis à jour le 15 septembre 2018

ETATS-UNIS - À l'approche des élections de mi-mandat, RSF lance la campagne #DefendPressFreedom

Alors que les élections de mi-mandat se profilent aux Etats-Unis, Reporters sans frontières (RSF) et 20 organisations partenaires lancent une campagne de sensibilisation. Objectif : inviter les électeurs à demander à leurs candidats au Congrès de clarifier leur position sur la liberté de la presse.

Initiée par RSF et 20 organisations partenaires, la campagne #DefendPressFreedom a pour but d’inviter les électeurs à interroger leurs candidats sur ce sujet, et à voter en fonction de leur réponse. Quelle est votre position sur la liberté de la presse ? Par téléphone, par courrier, en face-à-face lors de meetings publics regroupant élus et citoyens, ou encore via les réseaux sociaux, c’est à cette question essentielle que doivent répondre  les prétendants aux élections de mi-mandat qui se tiendront en novembre prochain.

 

 

La protection d’un journalisme libre et indépendant aux Etats-Unis est plus que jamais cruciale, à l’heure où la liberté de la presse est en déclin. Les journalistes ont un rôle fondamental dans la société : ils informent des communautés et leur permettent ainsi de faire des choix en connaissance de cause. Ils sont également là pour demander des comptes à ceux qui sont au pouvoir et pour tenir ces derniers responsables de leurs actes. Les candidats lors des "Midterms" doivent prendre la mesure de ce sujet important.

 

 

La campagne #DefendPressFreedom regroupe l’Association des journalistes asiatiques américains, l’International Press Institute, l’organisation Investigative Reporters and Editors, le Media Law Resource Center, le musée consacré à l’information et au journalisme Newseum et son Freedom Forum Institute, le Free Press Action Fund, le Club national de la Presse, le News Media Alliance, l'Association nationale des photographes de presse, PEN America, la Société des journalistes professionnels, et d’autres.

 

 

Il ne s’agit pas d’un sujet partisan mais d’un droit fondamental. Tous les Américains, quelle que soit leur opinion politique, sont concernés, affirme Margaux Ewen, directrice du bureau Amérique du Nord de RSF. Dans une démocratie comme les Etats-Unis, aucun journaliste ne devrait être arrêté, agressé ou menacé pour avoir fait son travail.

 

 

Pourtant, l’hostilité envers la presse va grandissante dans le pays. Les attaques verbales, physiques et sur Internet visant des reporters, des photojournalistes et des employés de médias sont de plus en plus fréquentes. Le 28 juin 2018, cinq employés, dont quatre journalistes, de la rédaction de Capital Gazette, dans le Maryland, ont été abattus par un homme, dans l’une des pires attaques envers la presse qu’ait connu les Etats-Unis. En février, à la suite de la fusillade dans le lycée de Parkland, plusieurs journalistes ont été la cible de campagnes sur les réseaux sociaux, les empêchant de couvrir l’événement correctement et de divulguer des informations de première importance. En mai 2017, agacé par une interview, un candidat au poste de représentant de l’Etat du Montana au Congrès, Greg Gianforte, a jeté au sol le journaliste du Guardian Ben Jacobs.

 

 

En 2017, 45 journalistes ont été attaqués physiquement aux Etats-Unis. Depuis le début de l’année 2018, 34 autres cas sont venus grossir ces statistiques alarmantes. Les reporters sont également de plus en plus nombreux à faire l’objet de menaces de mort en lien avec leur travail.

 

 

De tels actes peuvent avoir des conséquences désastreuses sur la démocratie, dont la presse est un pilier. Sans des médias forts et indépendants, le gouvernement serait en mesure d’abuser plus facilement de ses pouvoirs, le Premier amendement pourrait être piétiné, et le droit de la population à être informée s’en trouverait bafoué.

 

 

Pour en savoir plus sur cette campagne, rendez-vous sur le site Internet #DefendPressFreedom.