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15 octobre 2018 - Mis à jour le 13 novembre 2018

Elections en Afghanistan : RSF appelle à plus de protection pour les journalistes

Alors que 14 millions d’Afghans sont appelés aux urnes le 19 octobre prochain pour choisir leurs députés, Reporters sans frontières (RSF) demande davantage de protection pour les journalistes, garants d’une élection libre, transparente et démocratique.

Avec 13 journalistes et deux collaborateurs de média tués depuis le début de l’année en Afghanistan, 2018 est l’année la plus meurtrière pour les journalistes depuis la chute des Talibans en 2001. La guerre imposée par les Talibans et le groupe Etat islamique ainsi que les exactions des seigneurs des guerre ou des responsables politiques corrompus sont devenues des menaces permanentes pour les journalistes, les médias et la liberté de la presse en Afghanistan.


A l’approche des élections, l’augmentation des attaques ciblées contre les médias et la dégradation de la situation sécuritaire pour les journalistes femmes menacent la souveraineté et le choix démocratique du peuple afghan, s’inquiète Reza Moini, responsable du bureau Afghanistan-Iran de RSF. Sans liberté de l'information, il ne peut y avoir de scrutin démocratique. C’est pourquoi RSF appelle le gouvernement afghan à renouveler son engagement et son implication en faveur de la protection des journalistes.   Il est essentiel qu’il poursuive ses efforts en matière de sécurité et de formation.


C’est dans ce climat tendu d'insécurité pré-électorale que Reporters sans frontières s’est rendu en Afghanistan du 14 au 27 septembre dernier pour organiser quatre formations destinées  à 70 journalistes (dont 32 femmes) venus de 13 provinces différentes et qui représentaient 53 médias indépendants dans le pays. A la demande du Centre pour la protection des journalistes afghanes (CPAWJ), l’organisation partenaire de RSF en Afghanistan, l’organisation a encadré une formation spécifique pour les femmes reporters, également basée sur le Guide pratique de sécurité des journalistes et le guide pratique du journaliste en période électorale, qui ont été traduits en persan et en pachtoune.


RSF également a soutenu la campagne lancée par le CPAWJ pour les droits des femmes journalistes. En présence du porte-parole du président de la République, Shah Hossein Mortazavwi, Zohra Yousof, conseiller de la Première dame Rola Ghani, du vice-ministre de l’Information et la Culture, Hossein Fazel Sancharaki, de la directrice du CPAWJ, Farida Nikzad et de Reza Moini, responsable du bureau d’Afghanistan de RSF, le  CPAWJ a officiellement lancé, lors d’une conférence de presse le 26 septembre dernier à Kaboul, la campagne intitulée : « Votez pour les candidats qui défendent les droits des femmes journalistes ! ».


Cette campagne se place dans la continuité des actions du CPAWJ pour améliorer la situation des femmes journalistes en Afghanistan. Le centre appelle à réformer la loi interdisant les violences contre les femmes pour mieux les protéger contre le harcèlement moral et sexuel sur leurs lieux de travail, mais aussi à rédiger une charte pour la protection des femmes journalistes dans les rédactions. Jusqu'à ce jour plus de 70 candidats ont signé la déclaration du CPAWJ et se sont engagés en faveur de cette réforme. Début septembre, le CPAWJ a également élaboré un charte pour la protection des femmes journalistes dans les rédactions qui a été signée par plusieurs médias notamment les grandes chaînes de télévision,  comme Tolonews, TV1, Ariana, Zhwandoon TV, et Radio Télévision national.


Dans un rapport publié par la Mission d'assistance des Nations unies en Afghanistan (UNAMA ) au moins 1 692 civiles ont été tué et 3 430 autres ont été blessés depuis le 1er janvier 2018.


L’Afghanistan se situe à la 118e place sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2018 établi par Reporters sans frontières.