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24 mai 2016 - Mis à jour le 25 mai 2016

Dix journalistes détenus par les houthis sont en grève de la faim

Reporters sans frontières (RSF) s’inquiète de la situation des journalistes détenus au Yémen par des groupes armés, comme le groupe rebelle houthi ou Al-Qaida (AQPA). L’organisation demande leur libération et rappelle que toutes les parties au conflit ont une responsabilité quant à la protection des journalistes.

Les familles des journalistes détenus par les rebelles houthis dans la capitale de Sanaa ont annoncé dans un communiqué diffusé dans la presse que ces derniers ont entamé une grève de la faim le 9 mai dernier pour protester contre leurs mauvaises conditions de détention. Elles ont également appelé à leur libération, la plupart étant détenus depuis près d’un an. Selon le recensement de RSF, 14 journalistes (et journalistes citoyens) sont actuellement détenus par des groupes armés au Yémen.


Reporters sans frontières exprime sa vive inquiètude quant à la détention des journalistes au Yémen et appelle leurs ravisseurs à les libérer sans conditions” déclare Alexandra El Khazen, responsable du bureau Moyen-Orient de l’organisation. “Nous rappelons aux parties au conflit qu’elles sont tenues responsables, au vu du droit international, de la protection des professionnels des médias comme les autres civils.”


Selon ce communiqué, les familles dénoncent les mauvais traitements quotidiens (torture, manque de soins) et les interdictions récentes de visite à la prison de Habra. Le syndicat des journalistes yéménites, depuis sa branche à Aden, a soutenu cet appel à la libération des journalistes détenus, et a désigné les houthis comme responsables. Les journalistes concernés par cette grève de la faim sont: Toufic Al Mansouri, Hassan Enab, Akram Al Walidi, Issam Belghith, Hareth Hamid, Haytham Al Shehab, Hicham Al Youssefi, Hicham Tarmoum, Abdel Khalaq Amrane et Salah Al Qa’idi.


Selon la presse locale, la délégation gouvernementale yéménite a demandé leur libération le lundi 23 mai dernier (en plus de celle d’autres prisonniers), lors des pourparlers de paix qui ont lieu depuis le 21 avril au Koweït sous l’égide de l’ONU.


Les journalistes courent un danger permanent au Yémen au vu de l’instabilité sécuritaire et politique qui règne. Très peu de journalistes professionnels continuent à travailler dans la capitale yéménite contrôlée par les houthis depuis septembre 2014. Pris en étau entre les différents camps, les reporters et leurs médias sont particulièrement exposés à la violence quotidienne venant de toutes les parties au conflit. En plus d’être fauchés par des bombardements aériens ou visés par des tirs, les journalistes sont victimes d’enlèvements, d’arrestations arbitraires et leurs bureaux sont également cibles d’attaques. A titre d’exemple, le 8 mai dernier, les locaux de la fondation Al Shomou’ et du journal affilié Akhbar Al Youm ont été pris d’assaut et pillés par des forces sudistes dans la province de Aden. Ces mêmes lieux avaient déjà été attaqués en février 2015 par les rebelles houthis.


Le Yémen figure à la 170ème place (sur 180) du Classement 2016 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.