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15 avril 2013 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Deuxième attaque contre Uthayan en moins de deux semaines


Au moment de la diffusion de ce communiqué de presse, le site Internet d'Uthayan est inaccessible (voir le cache). Reporters sans frontières et son organisation partenaire Journalists for Democracy in Sri Lanka, condamnent avec la plus grande énergie l’attaque contre la rédaction du quotidien en tamoul Uthayan, le 13 avril 2013, à Jaffna (Nord). Trois individus armés se sont introduits dans la salle d’impression du quotidien et, après avoir menacé les agents de sécurité et les membres du personnel, ont ouvert le feu sur les machines d’imprimerie, qu’ils ont ensuite incendiées. “Nous somme révoltés par cette nouvelle attaque, qui s’inscrit dans un climat d’insécurité croissante à l’encontre de la presse tamoule et apportons tout notre soutien aux journalistes d’Uthayan, dont le courage suscite l'admiration et le respect”, ont déclaré Reporters sans frontières et Journalists for Democracy in Sri Lanka. “Les forces de police auraient dû accéder à la demande du journal de bénéficier de mesures de protections suite à l’attaque des bureaux du journal à Kilinochchi, il y a tout juste dix jours. La passivité des autorités policières dans les crimes à l’encontre d’Uthayan et l’impunité systématique dont jouissent leurs auteurs rend le gouvernement directement responsable des violences répétées contre le journal”, ont ajouté les organisations. Premananth Thevanayagam, rédacteur en chef d’Uthayan, a déclaré à Journalists for Democracy in Sri Lanka que “les attaquants ont menacé, en tamoul, le personnel de la section d’impression avec des armes à feu. Lorsque l’équipe a refusé de s’éloigner, ils ont ouvert le feu sur eux, et sur les machines, avant d’y mettre le feu (...) Ils ont également brûlé les suppléments de l’édition du dimanche”. Premananth Thevanayagam a ajouté que l’attaque n’a pas fait de blessé. A cause des dommages irréparables subis par l’imprimante principale, Uthayan est dans l’incapacité de poursuivre l’impression de ses publications “à plein régime”. Uthayan, seul quotidien en langue tamoule n’ayant jamais interrompu sa publication pendant la guerre civile (1983-2009), a récemment couvert des affaires de saisie de terres par des militaires et des autorités locales dans le nord. Pour son rédacteur en chef, “cela pourrait être un des motifs de l’attaque, outre les débats suscités par les élections des conseillers provinciaux”. Il s’agit de la deuxième attaque en moins de deux semaines conduite envers Uthayan. Chacune des deux attaques s’est déroulée avant le lever du jour. Le 3 avril 2013, les locaux de distribution du quotidien, à Kilinochchi, ont été saccagés, et quatre employés grièvement blessés. Une requête envoyée à l’Inspecteur général de la police du Nord, réclamant des moyens de protection pour les bureaux principaux du journal, demeure sans réponse. Depuis le début de l’année, les attaques et les entraves à l’encontre du quotidien sont en forte hausse : le 10 janvier 2013, un distributeur de Uthayan a été attaqué et les journaux qu’il transportait brûlés. Le 18 janvier, le journaliste Premananth Thevanayagam avait été convoqué par le Département des enquêtes criminelles suite à un article d’Uthayan impliquant le commandant militaire. Le quotidien a subi de nombreuses attaques émanant des forces gouvernementales ou de paramilitaires pro-gouvernementaux, qui ont entraîné la mort d’au moins 5 de ses journalistes depuis 2002. Le Sri Lanka fait partie des Pays sous surveillance et se situe à la 162ème place, sur 179 pays, du classement 2013 de la liberté de la presse de Reporters sans frontières. Photo : onlineuthayan.com