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4 novembre 2019

Deux journalistes d’investigation indonésiens retrouvés assassinés

Un individu tente d’éteindre un feu dans un site d’exploitation illégale de palmiers à huile sur l’île de Sumatra, le 14 août 2018. C’est ce type de plantations qui était au coeur des enquêtes menées par les deux journalistes Maraden et Sanjay (Photo : WahyudiI / AFP).
Les deux reporters, Maraden Sianipar et Maratua Siregar, portaient notamment la voix des populations expropriées de leur district de l’île de Sumatra, dans l’ouest de l’Indonésie. Reporters sans frontières (RSF) demande aux autorités de l’archipel une enquête indépendante pour identifier les auteurs et les commanditaires de ce crime barbare.

Les corps des deux journalistes ont été retrouvés couverts de blessures à l’arme blanche. Le premier, Maraden Sianipar, a été découvert le 30 octobre dans un fossé près d'une plantation de palmiers du canton de Labuhan Batu, sur la côte nord-est de Sumatra. Le lendemain, c’est le cadavre de son confrère Maratua P. Siregar, surnommé Sanjay, qui était retrouvé non loin de là.


Les deux reporters s’étaient d’abord fait connaître comme enquêteurs pour le magazine en ligne Pilar Indonesia Merdeka (ou Pindo Merdeka, “Le pilier de l’Indonésie libre”), qui a dû fermer en 2017. Officiant, depuis, comme journalistes indépendants, ils faisaient régulièrement la lumière sur les injustices qui frappent les populations de leur district de Panai Hilir, victimes d’expropriations liées au développement de l’industrie de l’huile de palme. 


“Nous appelons la police et le parquet indonésiens à tout mettre en œuvre pour retrouver les auteurs et les commanditaires de ce double assassinat, quitte à créer une équipe spéciale d’investigation, déclare Daniel Bastard, responsable du bureau Asie-Pacifique de RSF. Compte tenu de la nature des enquêtes menées depuis plusieurs années par Maraden et Sanjay, un important faisceau de présomptions entoure actuellement cette affaire, et aucune piste ne doit être négligée.” 


Cité par le Jakarta Post, un ami des deux journalistes affirme qu’ils avaient prévu de rencontrer des responsables locaux au sujet d’un terrain disputé de 350 hectares, jusque-là occupé par une plantation de palmiers à huile gérée par le conglomérat indonésien PT. SAB / KSU Amalia. 


L’Indonésie occupe la 124e place sur 180 pays au Classement mondial 2019 de la liberté de la presse.