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14 décembre 2017

Deux journalistes de Reuters arrêtés par la police birmane

Wa Lone (à gauche) et Kyaw Soe Oo ont été montrés menottés sur une photo mise en scène par la police birmane (photos : Mizzima).
Deux journalistes de l’agence de presse Reuters ont été arrêtés mardi par la police birmane aux termes de la loi sur les secrets d’Etat. Compte tenu de l’absence d’éléments concrets légitimant leur interpellation, Reporters sans frontières (RSF) demande leur libération immédiate.

Ils étaient portés disparus depuis mardi soir. Le lendemain, le gouvernement du Myanmar a révélé dans un communiqué que Wa Lone et Kyaw Soe Oo ont été arrêtés à Rangoon (Yangon) pour “détention d’importants documents de sécurité”. Les deux journalistes birmans, âgés respectivement de 31 et 27 ans, sont accusés d’avoir voulu “envoyer d’importants documents de sécurité à propos des forces de sécurité dans l’Etat Rakhine à des agences étrangères hors du pays”. Inculpés en vertu de la loi sur les secrets d’Etat, ils risquent 14 ans de prison.


“Nous exigeons la libération immédiate des deux reporters de Reuters, annonce Daniel Bastard, responsable du bureau Asie-Pacifique de RSF. Les chefs d’accusation présentés par le porte-parole du gouvernement sont tout à fait fallacieux. Aucun détail n’est apporté concernant ces soit-disants ‘documents de sécurité’ ou ces mystérieuses ‘agences étrangères’. Cette arrestation apparaît clairement comme une nouvelle manoeuvre des autorités pour intimider les journalistes trop curieux.”


Dans une mise en scène caricaturale, une photo accompagnant le communiqué gouvernemental montre les deux journalistes menottés devant des documents éparpillés.


L’Etat Rakhine, ou Arakan, s’est retrouvé au centre de l’actualité après que des opérations de l’armée birmane ont entraîné depuis août l’exode de plus de 620.000 réfugiés rohingyas vers le Bangladesh voisin. Le 5 décembre dernier, les Nations-Unies ont mentionné de possibles “éléments de génocide”, mais l’armée interdit à tout journaliste d’accéder aux zones de troubles.


Alors que l’arrivée d’Aung San Suu Kyi avait suscité de vifs espoirs concernant la liberté de la presse, peu de progrès a été réellement enregistré : la Birmanie demeure à la 131ème place sur 180 pays dans le Classement mondial pour la liberté de la presse 2017 établi en 2017 par RSF.