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7 mai 2020

Couverture de la crise du coronavirus : un journaliste ukrainien agressé par la police

Crédit : Hromadske
Alors qu’il filmait une manifestation contre les mesures de confinement, un journaliste ukrainien a été agressé par une patrouille de police. Reporters sans frontières (RSF) condamne fermement l’incident et demande l’application de la législation sur les violences contre les journalistes.

"Soit tu prends ta caméra, soit je la casse". La menace du policier a été diffusée en direct sur la chaîne en ligne Hromadske, tout comme l’agression du journaliste Bohdan Koutepov qui couvrait le 29 avril dernier une manifestation contre les mesures de quarantaine devant le siège du gouvernement à Kiev, la capitale. Alors qu’il était posté dans un parc, à l’écart, d’où il pouvait filmer la foule dans son ensemble, le reporter a été violemment pris à partie par une patrouille de policiers qui lui ont demandé de partir avant de le pousser à terre et d’endommager une partie de son matériel. 


Si le Bureau national d’investigation (GBR), la "police des polices" ukrainienne, a ouvert une enquête pour "abus d’autorité" (article 365-2 du code pénal), cet incident s’est produit alors que les agressions, les menaces et les tentatives d’intimidation des journalistes se multiplient depuis la mise en place de l’état d’urgence sanitaire dans une partie du pays le 20 mars. 


"Il est inadmissible que les forces de l’ordre se joignent à la vague de violences que subissent les journalistes ukrainiens depuis le début de la crise sanitaire, dénonce la responsable du bureau d’Europe de l’est et Asie centrale de RSF, Jeanne Cavelier. Il est urgent de renverser cette tendance qui menace les fondements de la démocratie ukrainienne.  Non seulement l’enquête ouverte doit être réalisée en toute transparence, mais la loi qui prévoit des sanctions spécifiques en cas d’obstruction au travail des journalistes et de violences et menaces contre eux doit être appliquée de façon exemplaire." 


La dernière attaque contre la presse remonte à la nuit du 1er mai. Alors que le journaliste indépendant Nikita Knysh réalisait un reportage sur le respect des mesures de quarantaine dans la ville de Kharkiv, au nord-est de l’Ukraine, il a été violemment agressé par un groupe de jeunes.


L’Ukraine occupe la 96e place au Classement mondial de la liberté de la presse, établi RSF.