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7 novembre 2013 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Chiranuch Premchaipornn, directrice de Prachatai, de nouveau condamnée à tort


Reporters sans frontières condamne la décision de la Cour d’appel de Bangkok qui a confirmé le jugement du 30 mai 2012 à l’encontre de Chiranuch Premchaiporn, directrice du Prachatai. “Ce jugement crée un dangereux précèdent pour les éditeurs, qui pourront désormais être tenus responsables des commentaires publiés sur leurs sites. L’obstination de la justice est révoltante, mais il est impératif de ne pas abandonner le combat pour la liberté de l‘information. Nous ne cesserons pas de dénoncer l’instrumentalisation de l’accusation de Lèse-majesé contre les voix critiques de la monarchie”, a déclaré Reporters sans frontières. Reconnue coupable de ne pas avoir retiré assez rapidement des commentaires offensants envers la monarchie, Jiew a de nouveau écopé de huit mois de prison avec sursis. La Cour a déclaré qu’en tant que journaliste d’expérience, l’accusée aurait du savoir qu’Internet était un lieu privilégié par les criminels pour s’attaquer à la monarchie, et qu’il était du devoir de tout citoyen thaïlandais de protéger cette dernière. ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Le 8 novembre 2013 se tiendra le procès en appel de Chiranuch Premchaiporn, plus connue sous le nom de Jiew, directrice du quotidien en ligne Prachatai, accusée d’avoir hébergé des “commentaires critiques à l’encontre de la monarchie”. Reporters sans frontières tient à rappeler son soutien inconditionnel à cette journaliste expérimentée, cible désignée d’une justice biaisée et au service de l’instrumentalisation politique du crime de ‘lèse-majesté’. “Il est impératif que le cas de Jiew soit examiné de façon impartiale et que cette dernière soit définitivement blanchie de tout soupçon. Il en va de la condition de tous les professionnels des médias en ligne et de presse écrite et audiovisuelle. Les propos de tiers ne peuvent engager la responsabilité de ceux qui les ont pourtant supprimés. Nous demandons aux autorités de tout mettre en œuvre afin que les professionnels des médias ne travaillent plus sous l’épée de Damocles que constitue le crime de ‘lèse-majesté’ et les sanctions pénales qui lui sont rattachées. Sans décriminaliser les délits de presse, la Thaïlande ne peut prétendre respecter les normes internationales en matière de liberté d’expression et d’information”, a déclaré l’organisation. Jiew a été arrêtée en mars 2010 en vertu de l’article 15 du Computer Crimes Act et du paragraphe 112 du code pénal, qui régit le crime de lèse-majesté pour ne pas avoir retiré assez rapidement du site Prachatai, des commentaires insultants envers la monarchie. Le 30 mai 2012, elle a été condamnée à un an de prison et 30 000 bahts d’amende, avant une réduction de sa peine à huit mois avec sursis et 20 000 bahts d’amende (environ 500 euros) en raison de son absence de casier judiciaire et de sa bonne conduite. Tenant à être totalement innocentée dans cette affaire, et refusant d’être tenue responsable des commentaires postés par des utilisateurs, la directrice du Prachatai a fait appel de cette décision. La police a également fait appel, jugeant la sentence trop clémente. La Thaïlande se situe à la 135ème position sur 179 selon le classement de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières en 2013.