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25 juillet 2018 - Mis à jour le 26 juillet 2018

Chine: un caricaturiste condamné à 6 ans et demi en prison

Reporters sans frontières (RSF) appelle à la libération immédiate du caricaturiste chinois Jiang Yefei, condamné à six ans et demi de prison pour «subversion du pouvoir d'État».

Au terme d’un procès tenu secret jusqu'à hier, la Première cour populaire intermédiaire de Chongqing a condamné le 13 Juillet 2018 le caricaturiste Jiang Yefei à six ans et demi de prison pour «incitation à la subversion du pouvoir de l'État» et «franchissement illégal de la frontière».


Jiang Yefei, 50 ans, connu pour ses dessins satiriques publiées dans le magazine en ligne américain Boxun, était réfugié en Thaïlande depuis 2008. Le 28 octobre 2015, il avait été arrêté à la demande des autorités chinoises, qui l’avaient ensuite "rapatrié" dans le même avion que l'éditeur suédois Gui Minhai, qui est actuellement détenu arbitrairement, et qui ne connaît toujours pas la date de son procès, ainsi que le défenseur des droits humains Dong Guangping, condamné à 3 ans et demi dans le même procès que Jiang.


Reporters sans frontières (RSF) demande à Pékin de libérer immédiatement Jiang Yefei conformément à la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, signée par la Chine en 1982. Au moment de son arrestation, Jiang venait en effet d’obtenir du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) la reconnaissance de son statut de réfugié et il se préparait à s’installer au Canada.


"En persécutant de la sorte un dessinateur de presse, le régime de Xi Jinping atteint un niveau d'intolérance sans précédent à l’encontre des voix indépendantes", s’indigne Cédric Alviani, directeur du bureau Asie de l'Est de RSF, qui juge par ailleurs "déplorable” la décision prise par le premier ministre thaïlandais Prayut Chan-o-cha de remettre Jiang aux autorités chinoises “alors que peu de doute existait sur le sort qui l’attendait”.


Avant son procès, Jiang a en effet été détenu à l’isolement durant près de trois ans, période durant laquelle il était apparu sur les médias d’État chinois avec de visibles signes de sévices physiques. Avant qu’il se soit réfugié en Thaïlande, Jiang avait déjà été emprisonné et torturé à plusieurs reprises pour son travail de caricaturiste.


La Chine au 176ème rang sur 180 pays dans le classement mondial RSF de la liberté de la presse 2018 avec plus de 50 journalistes emprisonnés.