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26 juillet 2016 - Mis à jour le 3 novembre 2016

Brésil: un troisième journaliste assassiné depuis le début de l’année

Source: jornaldebrasilia.com.br
Le journaliste brésilien João Miranda do Carmo, qui avait pourtant porté plainte pour des menaces, a été retrouvé criblé de balles à son domicile le 24 juillet 2016, dans l’état de Goiás. Reporters sans frontières dénonce cet acte barbare et exhorte les autorités brésiliennes à renforcer au plus vite la protection des journalistes.

Le dimanche 24 juillet 2016, devant le parvis de sa maison à Santo Antônio do Descoberto (état de Goiás), le journaliste brésilien João Miranda do Carmo a été tué par balle par plusieurs individus en voiture, stationnés devant son domicile et qui ont ensuite immédiatement pris la fuite.


Miranda do Carmo (54 ans) était propriétaire et éditeur du site d’actualités locales SAD Sem Censura, pour lequel il couvrait la rubrique criminelle et dénonçait régulièrement la corruption des élus locaux. Il avait déjà porté plainte auprès de la police après avoir reçu des menaces suite à ses publications.


Reporters sans frontières condamne avec la plus grande fermeté l’assassinat de João Miranda do Carmo, et appelle la justice et la police locale à identifier, arrêter et juger les responsables de cet acte d’une immense lâcheté, déclare Emmanuel Colombié, responsable du bureau Amérique Latine de l’organisation. Par ailleurs, face à l’impunité et la corruption qui ronge de nombreuses municipalités du pays, le gouvernement brésilien doit impérativement mettre en place un mécanisme d’alerte et de protection des journalistes menacés.


La police de Santo Antônio do Descoberto n’a pas encore déterminé de ligne claire d’investigation, et n’a pas écarté la piste professionnelle.


Le Brésil, qui traverse une période de fortes turbulences économiques, politiques et sociales, fait face depuis plusieurs mois à une recrudescence des agressions et violences à l’encontre de la presse. Il est de la responsabilité de la Justice du pays d’endiguer le phénomène en s’attaquant au coeur du problème: celui de l’impunité des crimes et des violences commis contre la profession.


João Miranda do Carmo est déjà le troisième journaliste assassiné au Brésil cette année, après João Valdecir de Borba le 10 mars, et Manuel Messias Pereira le 9 avril.


Le pays occupe la 104e place sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse 2016 de RSF.