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17 mai 2016 - Mis à jour le 3 novembre 2016

Brésil : RSF dénonce la destitution du directeur du groupe de médias public EBC

Reporters sans frontières (RSF) condamne la décision arbitraire, prise le 17 mai par le président de la République par intérim Michel Temer, de démettre de ses fonctions le directeur de l’agence publique de communication du Brésil (EBC) Ricardo Melo.

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Actualisation du 02 septembre 2016


Le gouvernement brésilien a approuvé, à travers un décret publié le 2 septembre 2016, une série de changements affectant le fonctionnement de l’agence publique de communication du pays (EBC).


Le document, signé par le président de la chambre des Députés Rodrigo Maia, qui assure le poste de président du Brésil pendant que Michel Temer assiste au G20 en Chine, modifie en profondeur les statuts de l’EBC, et met fin à l’existence de son Conseil d’administration (Conselho Curador), qui était jusque là composé de 15 membres de la société civile et dont le rôle était de veiller aux bons principes et à l’autonomie de l’organisme. Le décret prévoit également que les membres de la Direction de l’EBC pourront désormais être démis de leurs fonctions par le Président de la République, ce qui était interdit par la loi de 2008 à l’origine de la création de l’EBC.


La mise à l’écart du journaliste et Président de l’EBC Ricardo Melo, ainsi que la nomination de Laerte Rimoli font aussi partie des décisions prises par le nouveau gouvernement. C’est déjà la 2ème fois que Michel Temer tente de se débarrasser du président de l’EBC. Le 17 mai dernier, alors qu’il n’était que Président intérimaire, il avait décrété le renvoi de Ricardo Melo, qui finalement avait été reconduit à son poste suite à une ordonnance publiée par le Tribunal Suprême Fédéral, la plus haute autorité du pays, qui avait rappelé l’importance de l’autonomie de l’EBC.


« Reporters sans frontières dénonce ces changements d’organisation au sein de l’EBC imposés par le nouveau gouvernement. Ceux-ci, au lieu de renforcer l’autonomie de l’agence, vont fragiliser son fonctionnement et limiter son indépendance », a déclaré Emmanuel Colombié, responsable du bureau Amérique latine de l’organisation.


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Par voie de décret, le président intérimaire du Brésil Michel Temer a décidé, ce mardi 17 mai, de démettre de ses fonctions Ricardo Melo, directeur de l’agence nationale brésilienne de communication (EBC), groupe audiovisuel public dont dépendent notamment des chaînes de télévision. Conformément à la loi, Ricardo Melo, par ailleurs journaliste, venait d’être nommé à ce poste deux semaines plus tôt par Dilma Rousseff, alors encore en fonction.


Selon la loi à l’origine de la création de l’EBC, le mandat de 4 ans prévu pour le directeur de la structure est définitif et ne suit en aucun cas le calendrier électoral. Impossible donc pour un président de la République de démettre un directeur ni nommer son successeur avant la fin de son mandat. Cette spécificité permet théoriquement de garantir l’impartialité et l’autonomie de fonctionnement de l’EBC.


"Reporters sans frontières dénonce vigoureusement la décision du président Temer, à la fois arbitraire et contraire à la loi brésilienne, déclare Emmanuel Colombié, responsable du bureau Amérique latine pour RSF. Il s’agit d’une véritable tentative d’interférer dans la communication publique du pays. L’information doit pouvoir se développer de façon autonome, sans souffrir d’ingérence ou d’instrumentalisation de la part des dirigeants politiques. Il y va de la crédibilité même de l’EBC."


Selon les dernières informations, Michel Temer aurait déjà choisi le successeur de Ricardo Melo, il s’agirait du journaliste Laerte Rimoli, ancien directeur de la communication de la Chambre des députés pendant la présidence d'Eduardo Cunha (président de la Chambre lors du processus de destitution de Dilma Rousseff). Laerte Rimoli a également travaillé dans l’équipe de campagne du candidat à la dernière présidentielle Aécio Neves.


Le Brésil occupe la 104e place sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse 2016 de RSF