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12 décembre 2018 - Mis à jour le 23 août 2019

Bangladesh : RSF condamne le blocage de 54 sites d’informations en amont des élections générales

Le ministre de l'information Hasanul Haq Inu (gauche) a déclaré que les sites bloqués diffusaient "de la propagande gouvernementale et de fausses informations" (photo : STR / AFP).
Cinquante quatre sites d’informations bangladais ont été mis hors-ligne en début de semaine en vue des élections législatives pour “éviter la propagation de rumeurs”. Reporters sans frontières (RSF) condamne avec la plus grande fermeté cette censure qui entame la crédibilité des élections prévues à la fin du mois.

Brièvement censurés, puis censurés pour de bon : la Commission de régulation des télécommunications du Bangladesh (BTRC) a ordonné, lundi 10 décembre, le blocage de 54 sites locaux d’information sur l’ensemble du territoire. L’ordre qui a, en premier lieu concerné 58 sites dimanche soir, a été révoqué lundi pour être finalement relancé le soir-même contre 54 sites. Le ministre de l’Information a expliqué avoir pris cette mesure “pour des raisons de sécurité nationale”, et vise des sites ayant prétendument diffusé de la “propagande anti-gouvernementale” et de “fausses informations” en amont des élections législatives du 30 décembre. La liste des noms de domaines censurés inclut des sites renommés comme risingbd.com, dhakatimes24.com, reportbd24.com. Certains sont proches de l’opposition, tel que bnpnews24.com. Les autorités ont averti que “ces fermetures se poursuivront contre tout site qui feraient circuler des informations infondées.”

 

“Il est absolument intolérable que le gouvernement de la Première ministre Sheikh Hasina censure ainsi toute une partie des voix du pays à moins de trois semaines d’un scrutin essentiel pour le fonctionnement de la démocratie bangladaise, remarque Daniel Bastard, responsable du bureau Asie-Pacifique de RSF. Les sites doivent être immédiatement débloqués pour permettre une libre expression du pluralisme journalistique, sans quoi ces élections législatives perdront toute légitimité.”

 

En parallèle, le rédacteur en chef du Daily71, Sheikh Riad Muhammad Noor, a été arrêté le 8 décembre par le bataillon d’action rapide, une cellule d’élite de la police, pour avoir publié des “informations fausses et séditieuses” sur les réseaux sociaux. Il a été placé, lundi, en détention provisoire en vertu de la très controversée loi sur la sécurité numérique (Digital Security Act).

 

Le Bangladesh se situe à la 146ème place sur 180 pays dans le Classement mondial pour la liberté de la presse 2018 de RSF.