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19 avril 2018

Autriche : nouvelles menaces de l’extrême-droite contre l’audiovisuel public

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Le parti d’extrême-droite autrichien menace de demander le licenciement de certains correspondants du groupe audiovisuel public ORF pour “comportement incorrect”. Reporters sans frontières (RSF) dénonce des pressions politiques inacceptables.

“Trop unilatéral”. C’est ainsi que Norbert Steger, le représentant du parti d’extrême-droite (FPÖ) au Conseil d’administration du principal groupe médiatique autrichien, a jugé le travail du correspondant de l’ORF basé à Budapest, tout en avertissant l’ensemble des correspondants du groupe qu’ils risquaient de perdre leur emploi s’“ils ne se comportaient pas correctement”.

En réponse à ces menaces proférées dans une interview au journal Salzburger Nachrichten, le directeur de l’ORF, Alexander Wrabetz, a déclaré avoir prolongé le contrat du journaliste incriminé, Ernst Gelegs, jusqu’en 2021 “compte tenu de son excellente couverture des élections hongroises” et rappelé que “les seize correspondants de l’ORF sont des piliers indispensables à la couverture [de l’actualité] internationale” de l’audiovisuel public.


Nous condamnons fermement cette tentative d’un responsable politique de peser sur la ligne éditoriale de l’audiovisuel public, déclare Pauline-Adès Mével du bureau UE et Balkans de Reporters sans frontières. Les membres du Conseil d’administration et les responsables politiques doivent oeuvrer à préserver l’indépendance éditoriale de l’ORF au lieu de chercher à l’influencer et créer des tensions.


Ce n’est pas la première fois que le parti d’extrême-droite FPÖ, membre de la coalition au pouvoir, attaque l’audiovisuel public. Il y a deux mois, le vice-chancelier et président du FPÖ, Heinz-Christian Strache, avait déjà accusé l’ORF de divulguer de “fausses informations”, ce qui avait conduit la direction du groupe à porter plainte pour diffamation.


L’Autriche occupe actuellement la 11e place sur 180 pays au Classement de la liberté de la presse de Reporters sans Frontières. Les attaques récurrentes contre l’audiovisuel public du parti d’extrême-droite FPÖ ont néanmoins terni l’image de ce pays jusqu’ici bon élève de l’UE en ce qui concerne son respect de la liberté de la presse.