Actualités

22 février 2021

Australie : RSF condamne les restrictions imposées par Facebook aux contenus journalistiques

Facebook a mis sa menace à exécution. Pour répondre au projet du gouvernement australien de contraindre les plateformes à rémunérer les médias, le réseau social a opté de restreindre le partage des contenus journalistiques dans le pays. Reporters sans frontières (RSF) condamne cette décision qui impacte la fiabilité et le pluralisme de l’information sur le réseau social.

“Aucune publication”... c’est le message qui s’affiche depuis le 17 février sur les pages Facebook des médias locaux australiens. Ce blackout est volontaire. Dans un communiqué de presse, en date du 17 février, Facebook a annoncé que la plateforme “empêchera les éditeurs et les personnes en Australie de partager ou de visionner du contenu d’actualité australien et international.” Ce choix a été pris en réaction au projet de loi du gouvernement australien de créer un “News media bargaining code'', un code de conduite destiné à exiger des diffuseurs comme Facebook et Google de rémunérer la presse pour les contenus repris sur les réseaux sociaux. La mesure - qualifiée “d’option nucléaire” par le quotidien The Australian -  est radicale : les médias australiens ne peuvent plus partager ou publier de contenu sur leurs pages Facebook. Les utilisateurs, eux, ne peuvent plus voir ni partager de liens d’information sur la plateforme, que ces derniers soient australiens ou internationaux.

 

"Au nom de la défense de ses intérêts économiques, Facebook abuse de sa position dominante au détriment de la fiabilité et du pluralisme de l’information en ligne, dénonce la responsable technologies de RSF, Iris de Villars. Indépendamment du projet de loi en cours de discussion, ces restrictions affectent la capacité des citoyens australiens à accéder à une information fiable et indépendante sur la plateforme. Nous appelons Facebook à revenir sur cette décision en complète contradiction avec ses engagements en matière de lutte contre la désinformation.”

 

Pour appliquer ces restrictions, Facebook s’appuie sur des outils de machine learning pour identifier les éditeurs de presse. Une stratégie qui a créé de nombreux blocages collatéraux puisque depuis l’Australie plusieurs pages d’ONG, dont celle de RSF, des pages d’organisations de santé publique ainsi que des pages gouvernementales et d'urgence ont été impactées par ces restrictions.

 

Sollicité par RSF, Facebook n’a à ce stade pas répondu à nos questions.