Actualités

23 mars 2010 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Aucune nouvelle du caricaturiste Prageeth Eknaligoda disparu depuis deux mois


Reporters sans frontières appelle le président Mahinda Rajapaksa à ordonner la publication des résultats de l'enquête de police sur la disparition depuis deux mois du caricaturiste et journaliste politique Prageeth Eknaligoda. Afin de masquer les réelles circonstances de cette disparition d'une voix d'opposition, des ministres ont accumulé les déclarations contradictoires, tandis que la police n'a montré aucun intérêt à retrouver vivant ce caricaturiste de renom. "Alors que certains hauts responsables, notamment le secrétaire d'Etat à la Défense, Gotabhaya Rajpaksa, tentent encore de faire croire que le journaliste a monté de toutes pièces sa disparition, nous demandons au chef de l'Etat de fournir des informations crédibles sur le sort de Prageeth Eknaligoda", a affirmé l'organisation. L'épouse et les deux enfants de Prageeth Eknaligoda sont sans nouvelles de lui depuis son enlèvement le 24 janvier 2010 à sa sortie des bureaux du site d'informations Lankaenews. La police n'a fourni aucune information probante sur sa disparition. Tandis que le frère du président, Gotabhaya Rajpaksa, affirmait, lors d'une interview avec le journal Daily Mirror, que "Eknaligoda avait monté lui-même sa disparition". "Nous ne savons même pas qui est Eknaligoda, ni ce qu'il a fait. N'importe qui peut affirmer qu'il a été enlevé", précisait le secrétaire d'Etat à la Défense. Quelques jours après l'enlèvement, l'épouse de Prageeth Eknaligoda avait reçu l'assurance d'un conseiller du Président que son mari allait "refaire surface". Mais deux mois plus tard, le journaliste, diabétique depuis l'âge de 15 ans, est toujours introuvable. Reporters sans frontières demande également au président Mahinda Rajapaksa de garantir la sécurité des professionnels des médias lors de la campagne des élections législatives qui vont se tenir le 8 avril prochain. Dernier incident en date, l'attaque du siège de la chaîne MTV/MBC, le 22 mars 2010, place Braybrooke, à Colombo. Des partisans d'un membre du gouvernement, certains armés, ont lancé des pierres et tenté de saccager les locaux de cette télévision privée, déjà victime d'une attaque d'hommes armés en janvier 2009. "Le motif ne nous semble pas immédiatement clair, mais nous pensons que cette attaque était politique, notamment en raison des élections parlementaires du mois prochain", a déclaré un responsable de MTV. L'attaque pourrait également être liée à la venue du chanteur Akon à Colombo, dont MTV est partenaire. Des organisations bouddhistes se sont émues d'un clip jugé insultant. La police a interpellé seize individus, tous libérés sous caution le lendemain. Dernière arrestation en date, celle du journaliste d'opposition Ruwan Weerakoon, le 15 mars 2010 à Colombo. "Je suis arrêté à l'hôpital", a prévenu par SMS le journaliste victime quelques jours plus tôt d'un incident cardiaque : http://www.rsf.org/Un-journaliste-proche-de-Sarath.html Enfin, des dizaines de salariés des médias d'Etat ont été licenciés, suspendus ou menacés pour avoir protesté contre le contrôle de la ligne éditoriale par les autorités lors de la campagne présidentielle de janvier 2010. Reporters sans frontières avait montré que 96,7 % du temps d'antenne des deux principales chaînes d'Etat était favorable à Mahinda Rajapaksa : http://www.rsf.org/Propagande-a-outrance-et.html