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7 juillet 2016

Argentine : RSF condamne l’attaque contre les locaux du quotidien El Tiempo Argentino

Un groupe d’une vingtaine de personnes a attaqué les locaux et détruit une grande partie des équipements du quotidien El Tiempo Argentino, lundi 4 juillet, à Buenos Aires. L’attaque visait à expulser de force la coopérative de journalistes en charge de gérer le journal depuis le mois d’avril.

Lundi 4 juillet 2016, peu après minuit, une attaque brutale a eu lieu à Buenos Aires contre les locaux du quotidien El Tiempo Argentino. Un groupe d’une vingtaine de personnes a forcé l’entrée de l’immeuble et détruit la plupart des installations et équipements de la rédaction. Les trois employés présents sur place au moment de l’attaque ont dénoncé l’inaction de la police, présente en bas de l’immeuble selon plusieurs témoins. Mariano Martínez Rojas, qui affirme être l’actuel propriétaire du journal, ferait partie des assaillants.


Suite à la grave crise traversée par Grupo 23, groupe propriétaire du journal, les salaires de plus de 200 employés du quotidien avaient cessé d’être payés en décembre 2015. Grupo 23 a annoncé quelques mois plus tard avoir vendu El Tiempo Argentino, ainsi que Radio América, à Mariano Martínez Rojas, qui n’a jusqu’à aujourd’hui toujours pas pu démontrer légalement qu’il était le nouveau propriétaire. En avril 2016, les journalistes d’El Tiempo Argentino avaient constitué une coopérative pour poursuivre leur activité et maintenir le journal en vie, avec l’autorisation du ministère du Travail argentin.


Reporters sans frontières condamne fermement l’attaque brutale contre les locaux d’El Tiempo Argentino, a déclaré Emmanuel Colombié, responsable du bureau Amérique Latine de l’organisation. La destruction des équipements et des locaux d’une rédaction, déjà confrontée à de nombreux obstacles pour survivre, constitue un acte d’une grande lâcheté et une grave atteinte à la liberté d’expression.”


Mariano Martínez Rojas et plusieurs autres responsables de l’attaque identifiés après coup ont été convoqués par la procureure en charge de l’affaire et devront répondre devant la Justice. Le 11 juin 2016, le Forum des journalistes argentins (FOPEA) avait déjà dénoncé l’irruption de Mariano Martínez Rojas dans les locaux de Radio América, qui avait contraint à l’interruption de la transmission.


L’Argentine est 54e sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2016 établi par Reporters sans frontières.