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30 avril 2018 - Mis à jour le 2 mai 2018

Afghanistan : au moins 9 journalistes tués dans un attentat à Kaboul, six autres blessés

Selon RSF, au moins 9 journalistes ont été tués et 6 autres gravement blessés lors d’un double attentat à Kaboul, ce lundi 30 avril. Le 2e attentat visait sciemment la presse. Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière depuis la chute des Taliban en décembre 2001.

Lundi 30 avril 2018, dans un double attentat dans la quartier de Shash Darak dans le centre de Kaboul, au moins 25 personnes ont été tuées, parmi lesquelles au moins 9 journalistes. Six autres ont été blessés. Tous ces journalistes avaient moins de 30 ans. Dans un communiqué diffusé peu après la double attaque, le groupe Etat islamique (Daesh) a revendiqué ces tueries.


RSF connaît l'implication du gouvernement afghan pour la protection des journalistes, mais il doit poursuivre ses efforts en matière de sécurité et de formations, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. RSF a saisi formellement le secrétaire général des Nations unies. Il est plus que temps que l’ONU envoie un signal fort à la communauté internationale et aux protagonistes locaux, en nommant un Représentant spécial pour la protection des journalistes.”


Une première attaque a été perpétrée à 8h30 contre un checkpoint sur la route proche du siège des renseignements afghans (NDS), dans laquelle plusieurs civils ont été tués. Une demi-heure après, une fois que les journalistes étaient arrivés sur place, un 2e attentat a été commis tuant YarMohammad Tokhi, caméraman de ToloNews, Ebadollah Hananzavi, journaliste de la radio Azadai (free Europe), Sabvon Kaker journaliste pour la radio Azadai (free Europe), Ghazi Rasoli caméraman de TV1, Norozali Rajabi (Khamoush), caméraman de TV1, Shah Marai Fezi photographe pour l’AFP , Salim Talash journaliste pour la chaîne privée Mashal, Ali Salimi caméraman pour la chaîne privée Mashal, Maharam Darani, rapporteur pour la radio Azadai (Free Europe).


Six autres journalistes ont été sérieusement blessés, notamment Naser Hashemi journaliste de Al-Jazireh et Omar Soltani journaliste de Reuters, Ahmadshah Azimi, journaliste de Nedai Aghah, Ayar Amar, journaliste de l’hebdomadaire Vahdat mili et Davod Ghisanai qui travaillait pour la chaîne privée Mivand.


Il s’agit de l’attentat le plus meurtrier depuis la chute des Taliban en décembre 2001. En janvier 2016, une attaque-suicide à la voiture piégée avait visé la chaîne privée afghane Tolo TV et tué au moins 7 de ses collaborateurs. Depuis 2016 jusqu’à ce jour, RSF a recensé l’assassinat de 34 journalistes et collaborateurs de médias dans le pays, lors des différents attentats commis par les deux prédateurs de la liberté de la presse, le groupe Etat islamique (Daesh) et les Taliban.


Reporters sans frontières présente ses condoléances aux familles et collègues des victimes.


RSF a mis à jour une nouvelle édition (traduite en persan et en pachtoune) du Guide pratique de sécurité des journalistes, en partenariat avec l’Unesco, à destination des journalistes qui exercent dans des zones difficiles.


L’Afghanistan est classé 118e sur 180 dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2018 de Reporters sans frontières.