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12 janvier 2018

Afgan Moukhtarly condamné à six ans de prison : “un terrifiant signal envoyé aux dissidents azerbaïdjanais en exil”

Le journaliste Afgan Moukhtarly a été condamné à six ans de prison ce 12 janvier 2018 en Azerbaïdjan, où il avait été ramené de force depuis son exil géorgien. Reporters sans frontières (RSF) dénonce un verdict inique destiné à punir le journaliste et à intimider ses collègues.

Le manque de preuves n’y a rien changé : ce 12 janvier, le tribunal du district de Balakan (Nord) a condamné Afgan Moukhtarly à six ans de prison. Le journaliste d’investigation et activiste azerbaïdjanais a été reconnu coupable de “contrebande”, “franchissement illégal de la frontière” et “refus d’obtempérer aux forces de l’ordre”. Des chefs d’accusation fantaisistes ne visant qu’à dissimuler la brutale réalité : son enlèvement en Géorgie, où il était réfugié, et son transfert contraint en Azerbaïdjan.


“La condamnation d’Afgan Moukhtarly envoie un signal terrifiant à ses collègues en exil, déclare Johann Bihr, responsable du bureau Europe de l’est et Asie centrale de RSF. Seule une réponse très ferme de la communauté internationale serait de nature à les rassurer : les menées punitives du régime d’Ilham Aliev à l’étranger ne sauraient être tolérées !”


Afgan Moukhtarly a été enlevé le 29 mai 2017 à Tbilissi, où il avait trouvé refuge trois ans plus tôt. Les autorités azerbaïdjanaises affirment contre toute évidence qu’il a été arrêté à la frontière en possession de 10 000 euros. Diabétique, le journaliste a perdu beaucoup de poids depuis son arrestation et souffre d’hypertension.


Afgan Moukhtarly collaborait avec IWPR et le site d’information indépendante Meydan TV. Ses articles portaient notamment sur des affaires de corruption impliquant les hautes sphères du pouvoir azerbaïdjanais. Peu avant son enlèvement, il avait fait part de ses craintes quant à sa sécurité et celles d’autres dissidents exilés en Géorgie, affirmant faire l’objet d’une surveillance étroite.


L’Azerbaïdjan occupe la 162e place sur 180 au Classement de la liberté de la presse établi par RSF en 2017. Le régime d’Ilham Aliev a tout fait ces dernières années pour annihiler le pluralisme médiatique. Les principaux titres critiques ont tous été asphyxiés financièrement ou fermés manu militari. Pas moins de 13 journalistes et deux blogueurs sont actuellement emprisonnés du fait de leurs activités d’information.