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14 septembre 2015 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Affaire Golychkine : RSF dénonce une affaire politique


La justice a décidé de maintenir en détention provisoire le journaliste Iaroslav Golyсhkine jusqu’au 14 octobre 2015. Accusé de “chantage”, “d’extorsion” et de “détournement de mineur”, le journaliste, qui avait été arrêté le 14 mai dernier, risque jusqu’à 25 ans de prison.
Alors que la détention provisoire de Iaroslav Golyсhkine devait prendre fin le 14 septembre dernier, c’est sans surprise que les autorités judiciaires de la province de Pavlodar ont prolongé le 5 septembre 2015 son maintien en détention d’un mois. Le journaliste restera donc emprisonné au moins jusqu’au 14 octobre prochain. Ce dernier enquêtait sur une affaire de viol impliquant le fils du gouverneur de Pavlodar, quand il a été arreté le 14 mai 2015. Avec cinq autres personnes, il était accusé de “chantage” et d’“extorsion”, après la plainte du gouverneur de la région. A l’issue de l’enquête préliminaire, le journaliste a non seulement été inculpé des faits qui lui sont reprochés, mais de nouvelles charges auraient été ajoutées contre lui, notamment “incitation d’un mineur à commettre un crime” (article 132). Il encourt en tout jusqu’à 25 ans de prison. “Il est évident que les autorités essaient de faire porter le chapeau à Iaroslav Golyсhkine dans le but de dissimuler une affaire de viol aux ramifications politiques qui le dépasse totalement, déclare Johann Bihr, responsable du bureau Europe de l’est et Asie centrale chez Reporters sans frontières. Il est parfaitement légitime qu’un journaliste puisse mener une enquête et informer le public sur un cas d’une telle gravité sans avoir à craindre de représailles. Nous exhortons les autorités à abandonner toutes les charges qui pèsent à son encontre et demandons sa libération immédiate” Reconnu pour son professionnalisme et son intégrité, Iaroslav Golychkine est le rédacteur en chef du journal local Versia, dans lequel il n’épargne pas les autorités de la région. Alors qu’il était au départ entendu en tant que témoin dans l’affaire, Iaroslav Golyсhkine avait refusé de faire une fausse déclaration à l’encontre du gouverneur adjoint à qui les autorités souhaitaient faire porter le chapeau. Face à son refus, les autorités ont décidé de l’arrêter. Le gouverneur adjoint a quant à lui été interpellé peu de temps après et placé lui aussi en détention provisoire jusqu’au 15 octobre 2015. Le Kazakhstan occupe la 160e place sur 180 au Classement mondial 2015 de la liberté de la presse établi par RSF