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15 octobre 2010 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Abdoulmalik Boboïev condamné à une lourde amende


Le 15 octobre 2010, Abdoulmalik Boboïev, l’un des derniers journalistes indépendants d’Ouzbékistan, a été condamné à 10 000 dollars d’amende par un tribunal de Tachkent, pour avoir « diffamé », « insulté » le pays et « menacé » l’ordre public. Le journaliste risquait cinq ans de prison. Il a plaidé non coupable.

Abdoulmalik Boboïev, qui travaille notamment pour Voice of America est réputé pour la qualité de ses reportages et sa persévérance à travailler en toute indépendance. Il est innocent des faits qui lui sont reprochés. Mais une activité journalistique somme toute normale est vécue comme une menace par les autorités ouzbekes.

Reporters sans frontières renouvelle son soutien au noyau de professionnels des médias ouzbeks qui depuis plusieurs années s’évertuent à informer la population, au mépris des difficultés et du danger.

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11 octobre 2010

Début du procès du journaliste Abdoulmalik Boboïev : «Par simple calcul d’intérêt, la communauté internationale soutient un régime odieux »

Le procès du journaliste indépendant Abdoulmalik Boboïev a débuté le 7 octobre 2010 à Tachkent, capitale d’un des pays d’Asie centrale les plus répressifs, l’Ouzbékistan. Le journaliste poursuivi pour son travail pour la radio financée par les Etats-Unis, Voice of America, risque jusqu’à cinq ans de prison. Il est l’un des derniers professionnels des médias indépendants du pays et son procès pourrait être le signal d’une nouvelle offensive contre les journalistes qui persistent à recueillir et diffuser une information non contrôlée par le régime d’Islam Karimov.

Tout dans cette affaire est de nature politique : la personnalité visée, les chefs d’accusation et, l’issue de ce procès. Nous assistons à une parodie de justice. Abdoulmalik Boboïev est tombé dans les griffes d’un régime dictatorial qui a depuis plus de cinq ans renforcé sa lutte contre l’information, et qui viole de manière constante les droits de l’homme. Pourtant, par simple calcul d’intérêt, la communauté internationale détourne complaisamment le regard et soutient un régime odieux. Si Abdoulmalik Boboïev devient le 12e journaliste emprisonné en Ouzbékistan, ce sera une nouvelle et grave faillite de cette politique de rapprochement.

Les autorités ouzbèkes peuvent encore infléchir le cours de cette affaire, si elles sont désireuses de s’engager dans un véritable dialogue, notamment avec des partenaires comme l’Union européenne et les Etats-Unis. Nous les appelons à le faire.

Abdoulmalik Boboïev s’est vu signifier, le 13 septembre 2010, sa mise en examen pour « entrée illégale sur le territoire » (article 223 du code pénal ouzbek), « diffamation » (art.139) ; « offense » (art. 140), « élaboration et diffusion de matériaux constituant une menace pour l’ordre et la sécurité publics » (article 244-1). Seuls les trois derniers sont liés à l’activité professionnelle du journaliste. Le même jour, il a été interdit de quitter le territoire.

Onze journalistes sont actuellement en prison en Ouzbékistan :

-Khayrullo Khamidov - Nawruz
-Dilmurod Sayid - Ezgulik
-Bakhrom Ibragimov - Irmok
-Davron Kabilov - Irmok
- Ravshanbek Vafoev - Irmok
- Abdulaziz Dadakhonov - Irmok
- Botyrbek Eshkuziev - Irmok
- Solidjon Abdurakhmanov - Journaliste indépendant
- Djamchid Karimov - journaliste indépendant, collaborateur des sites fergana.ru et centrasia.ru
- Jusuf Ruzimuradov - Erk
- Mohammed Bekjanov – Erk

Reporters sans frontières demande leur libération immédiate et sans conditions.