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8 juin 2017

4ème report du procès du représentant de RSF en Turquie

Crédit: Yasin Akgül /AFP
Le procès “pour propagande terroriste” du représentant de Reporters sans frontières (RSF) en Turquie, Erol Önderoğlu et de deux autres figures de la société civile turque a été reporté au 26 décembre prochain. L’organisation dénonce ce nouveau report et demande l’acquittement des prévenus ciblés par des accusations sans fondement.

Poursuivi pour avoir pris part à une campagne de solidarité avec le quotidien pro-kurde Özgür Gündem, le représentant de RSF en Turquie Erol Önderoğlu, a comparu ce jeudi 8 juin devant la cour d’assises d’Istanbul. A l’issue de cette 4e audience qui a duré à peine une dizaine de minutes, son procès ainsi que celui de la défenseure des droits humains Şebnem Korur Fincancı et de l’écrivain Ahmet Nesin a été reporté au 26 décembre prochain.


“Non seulement nous voulons être acquittés, mais nous souhaitons que l’ensemble des condamnations prononcées contre les participants de cette campagne de solidarité soient annulées en appel, a commenté Erol Önderoğlu, le représentant de RSF en Turquie en sortant du tribunal. Nous espérons que la justice mette ce nouveau délai à profit pour réaliser l’importance du rôle du journalisme indépendant et de la société civile.”


Des représentants du secrétariat international de Reporters sans frontières, de sa section allemande et de son bureau de Bruxelles ont assisté à cette audience, la quatrième en huit mois. Malgré sa brièveté, RSF a pu soumettre un amicus curiae, un document destiné à présenter des informations au tribunal pour l’aider à trancher l'affaire. Le tribunal a cependant choisi de reporter l’audience pour avoir le temps de contacter et entendre l’un des trois prévenus, l’écrivain Ahmet Nesin, réfugié en France.


Au total, 41 “rédacteurs en chef d’un jour” d’Özgür Gündem sont poursuivis pour avoir pris part à une campagne de solidarité avec le quotidien pro-kurde Özgür Gündem : au nom du pluralisme, 56 personnalités s’étaient relayées, entre mai et août 2016, pour prendre symboliquement la direction de ce journal persécuté par la justice. Erol Önderoğlu, Şebnem Korur Fincancı et Ahmet Nesin sont les seuls à avoir été placés en détention provisoire une dizaine de jours dans le cadre de cette campagne, en juin 2016. Ils sont accusés de “propagande du PKK”, “apologie d’un crime” et “incitation au crime”.


La Turquie est classée 155e sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi en 2017 par RSF, entre la République démocratique du Congo et le sultanat de Bruneï. Déjà très préoccupante, la situation des médias est devenue critique sous l’état d’urgence proclamé à la suite de la tentative de putsch du 15 juillet 2016 : près de 150 médias ont été fermés et plus de 100 journalistes sont emprisonnés.