Égypte : une journaliste condamnée à 15 ans de prison pour la couverture de manifestations

La justice égyptienne a condamné la journaliste Alia Awad à 15 ans de prison, à l’issue d’un procès de masse débuté en 2015, pour avoir filmé, des manifestants accusés de terrorisme. Reporters sans frontières (RSF) appelle à sa libération immédiate.

Nous appelons à la libération immédiate de Alia Awad et à l’abandon de toutes les charges retenues contre elle, déclare la responsable du bureau Moyen-Orient, Sabrina Bennoui. Cette journaliste n’a fait que son travail et les accusations qui la visent sont totalement infondées.

 

Emprisonnée depuis 2017, la photographe indépendante égyptienne Alia Awad a été condamnée, ce mardi 28 juin, à 15 ans de prison par la Haute cour d’assises de sûreté de l’État, lors d’un procès contre une centaine de personnes. Tous étaient jugés pour la même affaire, connue sous le nom des “Brigades de Helwan” (du nom de la ville au sud du Caire où se sont déroulées les manifestations) et remontant à 2015.

Au terme du procès, des individus qui avaient participé aux manifestations ont été accusés par les autorités de “rassemblements illégaux”, de “violences contre les forces de l’ordre”, ou encore de “vandalisme” et certains ont été condamnés à la peine de mort. La journaliste a été reconnue coupable de charges de terrorisme et de vandalisme.

Ali Awad a été arrêtée une première fois en octobre 2014, pour avoir filmé les rassemblements violemment réprimés sur la place Rabaa Al-Adawiya, à l’est du Caire, organisés entre 2013 et 2015 pour protester contre le renversement du président Mohamed Morsi par les militaires. La reporter a finalement été libérée en 2016 pour des raisons de santé. En octobre 2017, elle est de nouveau emprisonnée pour la même affaire.

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Publié le 29.06.2022