Égypte : “Libérez Alaa Abdel Fattah ou il mourra”

Le blogueur et figure de la révolution égyptienne Alaa Abdel Fattah, qui purge une peine de cinq ans de prison, est en grève de la faim depuis trois mois. Sa santé se dégrade de jour en jour. Reporters sans frontières (RSF) dénonce le harcèlement judiciaire dont il est victime et appelle à sa libération immédiate.
 

Mise à jour, 1er juillet 2022 : La soeur de Alaa Abdel Fattah, Mona Seif, a organisé le 12 juin une journée de grève de la faim pour mobiliser les citoyens sous le hashtag #SupportAlaa. Depuis, elle poursuit sa privation de nourriture en solidarité avec son frère, qui refuse de s'alimenter depuis trois mois.


Le blogueur égyptien Alaa Abdel Fattah, en prison depuis septembre 2019, observe une grève de la faim depuis le 2 avril dernier pour protester contre sa détention arbitraire. 

Ce lundi 13 juin, sa sœur Mona Seif, a pu lui rendre brièvement visite et constater la dégradation de son état de santé et sa considérable perte de poids. Il lui a alors fait part de sa résignation : “Vous devez abandonner l’idée de me sauver. Je vais mourir ici. Concentrez-vous sur comment faire en sorte que ma mort entraîne le coût politique le plus élevé”.

Alaa Abdel Fattah a été incarcéré pendant plus de deux ans avant d’être finalement jugé et condamné en décembre 2021, à cinq ans d’emprisonnement, par une cour de sûreté de l'État, une juridiction d’exception instituée par la loi d'état d'urgence. Ses verdicts sont sans appel et seul le président Abdel Fattah Al-Sissi peut annuler la peine. Quelques mois avant sa condamnation, après deux ans de détention préventive, RSF avait alerté sur sa santé mentale très préoccupante. Le blogueur avait en effet confié à son avocat vouloir mettre fin à ses jours.

Nous appelons les autorités égyptiennes à libérer Alaa Abdel Fattah, ou il mourra, déclare la responsable du bureau Moyen-Orient de RSF, Sabrina Bennoui. Nous les tiendrons pour responsables si l’issue de sa grève de la faim est fatale. L’acharnement a assez duré, il est plus que temps de le laisser recouvrir la liberté et retrouver sa famille avant qu’il ne soit trop tard.

Fin avril, en amont de la fin du ramadan, Abdel Fattah Al-Sissi a accordé la grâce présidentielle à des dizaines de prisonniers politiques, mais un seul journaliste a pu en bénéficier : Hossam Moanis (lui-même condamné par une cour de sûreté de l’État fin 2021).  

Alaa Abdel Fattah, qui a obtenu la nationalité britannique en avril, s’est déclaré prêt à renoncer à sa nationalité égyptienne si ce geste lui permettait d’être libéré. Selon le site d’information indépendant Mada Masr, depuis la révolution du 25 janvier 2011, le blogueur a passé un total cumulé de plus de 7 ans en prison.

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Publié le 15.06.2022