Rapports

30 juin 2005 - Mis à jour le 20 janvier 2016

"Vous n'avez aucun droit ici, mais vous êtes les bienvenus en Tunisie"


Dans quelques mois se tiendra à Tunis la deuxième phase du Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI). Tous les regards seront tournés vers la Tunisie. Reporters sans frontières dresse un état des lieux sévère de la situation de la liberté de la presse en Tunisie.
Dans quelques mois se tiendra à Tunis la deuxième phase du Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI). Tous les regards seront tournés vers la Tunisie. La communication extérieure de l'Etat tunisien est donc une priorité absolue et tous les moyens sont bons pour séduire et contrôler la presse internationale. Les journalistes étrangers sont les bienvenus en Tunisie à condition qu'ils se montrent dociles et obéissants. Et qu'ils ne posent pas trop de questions. La surveillance s'étend également à tous ceux qui pourraient être tentés de leur communiquer des informations (opposants, défenseurs des droits de l'homme, syndicalistes, journalistes indépendants, etc.). Dans un rapport rendu public aujourd'hui, Reporters sans frontières, qui s'est rendue en Tunisie, du 2 au 6 juin dernier, dénonce la formidable machine de propagande du gouvernement. Les engagements du président de la République Zine el-Abidine Ben Ali en faveur d'une plus grande liberté de la presse ne sont que de la poudre aux yeux. Le pluralisme de l'information n'existe pas et un cyberdissident sera en prison au moment où le SMSI s'ouvrira à Tunis. Une situation inédite et inexcusable. La libéralisation de l'audiovisuel est un mensonge et la censure administrative est toujours utilisée pour empêcher la création de médias indépendants. Reporters sans frontières dénonce également le comportement des Nations unies. Permettre à un pays qui emprisonne des gens parce qu'ils ont utilisé Internet et qui censure des sites d'informations d'organiser un sommet mondial sur cette question dépasse tout entendement. Il reste encore une chance de changer cette situation. Si le secrétaire général des Nations unies et le secrétaire général de l'Union internationale des télécommunications (UIT, chargée de l'organisation du Sommet) condamnent, d'une même voix, la politique du gouvernement de M. Ben Ali, il est probable que des mesures positives seront prises avant le Sommet.