Rapports

17 juillet 2020

Etats-Unis : l’examen du renouvellement de leur visa pourrait forcer des douzaines de journalistes de Voice of America à quitter le pays

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Reporters sans frontières (RSF) exprime sa vive inquiétude après que l’US Agency for Global Media (USAGM) a annoncé qu’elle examinera au cas par cas le renouvellement du visa J-1 d’au moins 76 journalistes de la société de diffusion Voice of America, lesquels risquent de devoir quitter le pays à l’expiration de leur visa en cours.

Un porte-parole de l’USAGM, l’US Agency for Global Media (agence fédérale indépendante en charge des médias publics) a annoncé le 9 juillet que l’agence s’apprêtait à examiner le renouvellement des visas J-1 demandés par des journalistes de Voice of America (VOA), l’une des sociétés de diffusion qu’elle supervise. Le nouveau directeur de l’USAGM nommé par le président Trump, Michael Pack, a indiqué qu’il n’approuverait pas les extensions de visas. Soixante-deux contractuels et 14 employés à plein temps de VOA travaillant actuellement aux Etats-Unis grâce à un visa J-1 risquent ainsi de devoir retourner dans leur pays d’origine, où certains pourraient avoir à faire face à des représailles en raison de leur activité. D’autres journalistes étrangers collaborant à d’autres médias de l’USAGM sont également concernés par cette décision.

 

“Les journalistes étrangers sont essentiels à la mission des médias de l’USAGM, à savoir produire des informations dans plusieurs douzaines de langues afin que les citoyens de pays sans médias indépendants puissent accéder à une information fiable, déclare Daphne Pellegrino, responsable du plaidoyer pour le bureau Amérique du Nord de RSF. Le non-renouvellement du visa dont ces journalistes dépendent pour travailler aux Etats-Unis ne fait que renforcer le pouvoir des gouvernements qui entravent la liberté d’informer et, plus dangereux encore, pourrait compromettre la sécurité de ces journalistes à leur retour dans leur pays. L’USAGM devrait rapidement faire machine arrière pour s’assurer qu’ils restent aux Etats-Unis, où ils peuvent exercer leur activité en toute sécurité et contribuer à promouvoir la mission d’information de l’agence.”

 

Ce n’est pas la première décision de Michael Pack qui menace d’affaiblir les médias de l’agence. Quelques semaines à peine après sa confirmation à la tête de l’USAGM, le 17 juin, il a brutalement licencié les directeurs de quatre médias lors de ce qui a été appelé par la suite « le massacre du mercredi soir ». RSF avait alors appelé l’USAGM et les nouveaux directeurs de chaque média à respecter leur indépendance, selon le principe de « pare-feu » propre à l’agence, qui a vocation à protèger ses médias d’une ingérence éditoriale extérieure.

 

Les Etats-Unis occupent le 45e rang sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2020 établi par RSF.