Pour un protecteur des journalistes .



Une nécessité impérieuse

  • Assurer la sécurité des journalistes est essentiel pour garantir l'accès du public à une information libre, indépendante, pluraliste et fiable. Ce constat vaut en temps de paix comme en temps de guerre ou de pandémie. Pourtant le journalisme est désormais gravement entravé ou restreint dans pas moins de 132 États selon le Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF pour 2021. 
  • Malgré l'attention accrue portée à la lutte contre l'impunité des crimes visant les journalistes, l'impunité et les exactions ne cessent de croître. 

Depuis 10 ans, selon RSF, au moins 1059 journalistes ont été assassinés, et 387 étaient détenus arbitrairement fin 2020. Le taux d’impunité pour les crimes subis par les journalistes avoisine encore les 90%. Les menaces et la haine  contre les journalistes prospèrent sur les réseaux sociaux de même que la désinformation. Les femmes journalistes sont doublement visées parce que femmes. 

  • Les instruments des Nations unies visant à traiter cette question sont insuffisants: l'absence de volonté politique de nombreux Etats d’agir concrètement se fait toujours cruellement sentir.

La création par les Nations Unies d’un réseau de points focaux n’est pas suffisante. La vision “stratégique unique et harmonisée de la question de la sécurité des journalistes et de l’impunité des auteurs de crimes contre les journalistes” voulue par le Plan d’action des Nations unies pour la protection des journalistes adopté en 2012 se fait toujours attendre. Les programmes et les agences des Nations unies souffrent d’un déficit de coordination, de moyens et d’autorité pour impulser les actions proportionnées à la gravité des situations. La bonne volonté évidente des institutions spécialisées et titulaires de mandats impliqués ne suffit pas.

Une réponse proportionnée

  • La campagne de RSF pour la création d'un Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la sécurité des journalistes (RSSJ), cherche à remettre en question ce statu quo et à augmenter enfin le coût des crimes contre les journalistes. Ce nouveau mandat permettra d'améliorer l'impact, la transparence et l’efficacité des actions des Nations unies pour la sécurité des journalistes. Sa contribution aux libérations de journalistes, à l’instauration de mesures de protection, à l’administration d’une justice indépendante contre les criminels,  démontrera son effectivité.

Un soutien solide à concrétiser

  • En février 2016, Irina Bokova, alors Directrice-générale de l'UNESCO, avait été l’une des premières à apporter son soutien à cette initiative. En février 2017, Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations unies s’était engagé au cours d’un rendez-vous officiel avec RSF à nommer un RSSJ. A l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2017, le Président Macron avait spécifiquement appelé à “la désignation d’un représentant spécial du secrétaire général des Nations unies sur la protection des journalistes dans le monde.” En juin 2017, le Parlement allemand avait appuyé l’initiative de RSF. En décembre 2017, le Vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans a exprimé son soutien à la création d’un tel mandat, suivi en mai 2018 du Président de la Commission européenne Jean-Claude Junker. En novembre 2020, le Independent High-level Panel Of Legal Experts, missionné par le Royaume Uni et le Canada, a recommandé la nomination d’un Représentant spécial pour la protection des journalistes auprès du SGNU, dans son rapport “Advice on promoting more effective investigations into violence and other crimes against journalists”. En décembre 2020, le Ministère des affaires étrangères allemand a confirmé son soutien pour cette campagne. De nombreuses ONG internationales de défense de la liberté de la presse et des droits humains soutiennent cette demande. 

L’appel de RSF aux Etats engagés pour la sécurité des journalistes:

RSF appelle le groupe des Etats amis du Représentant Spécial en cours de constitution à : 

  • prévoir la création du mandat dans la résolution biennale de l'Assemblée Générale des Nations Unies sur la sécurité des journalistes qui sera considérée pendant la 76ème session de l’AG en décembre 2021;
  • porter cette demande immédiatement auprès du Secrétaire général des Nations Unies; 
  • engager des efforts au sein des différents forums internationaux pour promouvoir la création d’un Représentant spécial du Secrétaire général;
  • montrer l'exemple en s'engageant à contribuer financièrement au budget du RSSJ.


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